Talents Hauts

Les liens du moment (4 avril 2016)

Litterature jeunesse

Une super sélection par Kaleidoscope Quebec de livres jeunesse pour un monde égalitaire. Cette sélection, qui a pour sous-titre « Osez un monde inclusif où chaque enfant peut être lui-même » comporte les catégories suivantes : égalité des sexes, affirmation de soi, diversité corporelle, diversité culturelle, diversité familiale, diversité fonctionnelle (aborde la notion de handicap), diversité de sexe et de genre, société. Elle rejoint ma liste de bibliographies.

Construire son identité de garçon : les représentations de la masculinité dans la littérature de jeunesse par Anne-Marie Dionne.

Des histoires de princesses (qui ont autre chose à faire que d’attendre le Prince charmant) chez Une femme et des livres (en attendant la suite de ma série sur les princesses, à laquelle je me remets dès que je trouve un peu de temps pour le faire).

Des livres pour enfants sur l’identité de genre, la transidentité : un article de Bob et Jean-Michel à propos de deux livres publiés au Rouergue et une vidéo de Princesse, la chaîne d’un autre genre.

Actualitté présente la maison d’édition Goater qui propose des livres contre les stéréotypes. 

Je vous ai déjà parlé des Culottées de Peneloppe Bagieu, j’ai particulièrement apprécié le portrait de Tove Jansson, créatrice des Moumines, d’autant plus, que, pleine de stéréotypes moi-mêmes, j’étais jusque là persuadée que c’était un homme.

Un article de la Nébuleuse sur le chouette Riposte de Jessie Magana.

Les livres jeunesse qui me font de l’oeil :

Elisabeth Brami et Estelle-Billon Spagnol publient chez Talents Hauts la déclaration des droits des mamans et la déclaration des droits des papas.

Je suis une fille de Tasmeen Ismail (éditions Milan, 2015) :

je suis une fille

 

Ca ne concerne pas spécifiquement la jeunesse, mais l’édition en général, un article de Diglee sur la grossophobie et le problème du modèle unique dans le monde de l’image.

 

Education et genre

La blogueuse féministe Olympe prépare un web documentaire pour décrypter comment les enfants apprennent à se comporter selon leur genre, de la conception jusqu’au choix d’un métier, intitulé l’école du genre. Le documentaire n’est pas encore en ligne, mais on peut déjà suivre sa page Facebook et en découvrir des extraits.

Stereotips, un blog de mamans féministes contre les stéréotypes de genre et les clichés sexistes.

Que se passe-t-il quand on demande à des enfants de dessiner quelqu’un qui serait pompier, chirurgien, ou pilote de l’armée ? Ils imaginent des hommes dans plus de 90% des cas.

Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur, les statistiques 2016 de l’éducation nationale qui « renseigne sur la réussite comparée des filles et des garçons depuis l’école jusqu’à l’entrée dans la vie active. Elle met en évidence des différences selon les sexes en matière de parcours et de réussite des jeunes, de choix d’orientation et de poursuite d’études entre filles et garçons, qui auront des incidences ultérieures sur l’insertion dans l’emploi ainsi que sur les inégalités professionnelles et salariales entre les femmes et les hommes. »

Un Mooc pour se former à l’égalité femmes/hommes (merci Carpediem)

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver des liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter. 

La princesse et le dragon

J’ai cité dans l‘article sur les princesses qui partent à l’aventure la princesse et le dragon de Robert Munsch et Michael Martchenko (Talents Hauts, 2005).

princesse et le dragon

Au début de l’histoire, une princesse somptueusement vêtue s’apprête à épouser Ronald, son prince. Mais arrive un dragon, qui brûle le château et les vêtements de la princesse et kidnappe Ronald. Mais la princesse, attrapant la première chose qu’elle trouve pour se couvrir, un sac en papier, décide de poursuivre le dragon et de sauver Ronald…

La princesse est très maligne. Elle va utiliser l’orgueil du dragon pour l’épuiser et ainsi pouvoir délivrer le prince. Elle le pousse par exemple à utiliser toute sa réserve de feu pour l’impressionner :

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On a donc ici l’image d’une princesse qui mène l’action, qui est intelligente et fait preuve de ruse, qui se montre en colère dans l’illustration (sentiment rare chez les princesses !), qui est capable de sauver le prince et qui ne prête pas attention à son apparence. Et c’est le prince qui attend à la fenêtre :

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Pourtant quand elle délivre le prince, la seule chose qu’il trouve à dire, ce sont des reproches, qui rappellent l’obligation pour les princesses d’être belles mais aussi de prêter attention à leur apparence :

« Elisabeth ! Mais… tu es dans un état lamentable ! Tu sens la fumée, tes cheveux sont emmêlés… Et regarde ta robe : un vieux sac en papier ! Reviens quand tu seras habillée comme une véritable princesse »

Mais notre héroïne est loin de se laisser déstabiliser. La fin de l’album est donc particulièrement jubilatoire. Elle lui répond :

« Ronald, dit Elisabeth, tu es très élégant et parfaitement bien coiffé. Tu ressembles à un véritable prince, mais tu n’es qu’un gros nul. »

Et l’album se referme sur une princesse dansant, seule, dans sa robe en papier et les cheveux ébouriffés, sur fond de soleil couchant :

« Et finalement, ils ne se marièrent pas »

Réjouissant, non ?

On a donc ici une remise en cause à la fois de la princesse potiche qui attend d’être sauvée, de la princesse qui doit non seulement être belle mais aussi richement vêtue et soignée et bien sûr de la fin traditionnelle du conte de fée « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », donc je vous reparle très vite !

Le tout dans un album très agréable à lire, vivant et drôle.

Robert Munsch et Michael Martchenko ont publié dès 1980 ce titre qui est devenu un classique dans le monde anglo-saxon. Il a été traduit et publié en France en 2005 : c’est un des premiers albums publié par Talents Hauts, une maison d’édition qui publie des albums qui a pour objectif de publier des livres « percutants, forts, drôles, qui bousculent les idées reçues », et en particulier qui luttent contre le sexisme.

Des princesses qui partent à l’aventure

Des princesses héroïques dès le XVIIe siècle :

Dans les contes traditionnels, et dans de nombreux albums contemporains, les princesses restent profondément passives. Heureusement, dès le XVIIe siècle, on trouve des princesses actives, rebelles, qui ne font pas qu’attendre passivement leur prince. Ainsi, l’héroïne de Marmoisan de mademoiselle Lhéritier est une sorte de « Mulan » occidentale qui part combattre déguisée en homme,pour sauver l’honneur de sa famille. On notera qu’elle s’illustre au combat :

« il s’y donna trois grandes batailles, où Marmoisan se distingua d’une manière toute héroïque; et dans l’une desquelles il eut le bonheur de sauver la vie au prince »

Mme d’Aulnoy met aussi en scène, dans Belle-Belle ou le chevalier Fortuné, une femme qui se déguise en homme pour partir à l’aventure.

belle belle ou chevalier fortuné

Le chevalier Fortuné, par Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785 (source)

Anne Defrance écrit ainsi dans Aux sources de la littérature de jeunesse : les princes et princesses des contes merveilleux classiques : « Dans les contes écrits par les premiers auteurs*, qui relèvent d’une esthétique galante et néo-précieuse, une revendication féministe est perceptible. Leurs princesses peuvent être dotées de qualités identiques à celles des princes – audace, générosité, courage, et ce sont à ces filles-soldats que revient ironiquement la charge de donner une leçon de virilité aux petits maîtres efféminés. »

*Rappelons que la grande majorité sont des femmes, même si Charles Perrault est le seul dont on garde vraiment la mémoire…

On reste cependant dans la société du XVIIe siècle, et Marmoisan, toute héroïque, courageuse qu’elle soit, ne peut apparemment pas supporter un peu de linge sale et mal plié :

Cependant Marmoisan ravi de voir sa réputation cavalière bien établie, s’observa peut-être un peu moins que d’ordinaire, et eut l’imprudence de témoigner beaucoup de chagrin, en présence du marquis de Brivas, pour du linge mal blanchi et des habits mal pliés; malgré sa douceur naturelle, il gronda fort ses gens sur ce sujet; et sa mauvaise humeur augmenta encore, remarquant que son pavillon n’était pas bien rangé. Il fit une attention si forte sur toutes ces choses, et entra dans des détails de propreté si pleins de bagatelles qu’il marqua parfaitement bien, en cette occasion, le caractère ordinaire des femmes, dont la plupart affectent dans leurs habits et dans leurs meubles une propreté qu’elles portent quelquefois jusqu’à la bizarrerie la plus ridicule, et dont elles se font un mérite comme d’une délicatesse bien entendue. Celles qui ont l’esprit un peu ferme sont ordinairement exemptes de ces défauts; cependant Marmoisan avec toute sa grandeur d’âme, n’avait pas eu la force de se mettre au-dessus, tant ce penchant est enraciné chez certaines personnes du sexe.

Et aujourd’hui ? 

Les princesses rebelles, actives, sont plus nombreuses. Elle sont plus souvent capables de se débrouiller seule, même pour affronter le danger. Ainsi, dans la princesse qui dit non, de Tristan Pichard et Daphné Hong (Milan Jeunesse, 2014) la princesse se débarrasse seule du sorcier et du dragon qui la retiennent, et quand le chevalier arrive, tout est déjà réglé !

princesse qui dit non

Dans Contes d’un autre genre (Talents Hauts, 2011), Gael Aymon propose des réécritures antisexistes de contes traditionnels (et c’est super et vous trouverez plus de détails ici). Dans la belle éveillée, réécriture de la belle au bois dormant, la princesse n’attend pas le prince. Elle se réveille seule (grâce à une fée qui lui a donné… le pire sommeil du monde !). Elle s’empare alors d’une épée, se fraye un passage dans la forêt de ronces, en sauvant un prince coincé au passage, puis sauve sa mère, ouvre les yeux de son père sur ses dangereux conseillers et obtient de lui de garder sa propre main pour qu’elle ne soit pas offerte à un prince quelconque. Les illustrations de François Bourgeon la représentent active, volontaire et même une épée à la main :

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En effet, plus besoin désormais de se déguiser en homme pour combattre ou partir à l’aventure. La princesse attaque (Delphine Chedru, Helium, 2012) porte sans souci une armure sur ses cheveux longs et une fleur pour la décorer.

princesse attaque

 

Et c’est elle qui va  libérer son compagnon, le chevalier Courage, prisonnier du cyclope à l’oeil vert. En effet, les princesses n’agissent pas que quand elles sont contraintes, pour s’échapper ou sauver leur vie. Elles n’hésitent plus à partir à l’aventure, à aller délivrer le prince. Dans la princesse et le dragon de Robert Munsch et Michael Martchenko (que je vous présente en détails très vite), elle part affronter le dragon qui retient le prince prisonnier.

Et dans le chevalier noir de Michaël Escoffier et Stéphane Sénégas (Frimousse, 2014), la princesse est bien décidée à défendre son territoire, sa tour, et n’hésite pas à en venir aux mains contre le chevalier ! (plus de détails ici)

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Même si on trouve encore des princesses potiches, on trouve donc des princesses actives, aventurières, et ça fait du bien !

Si vous avez d’autres titres en tête, les commentaires vous ouvrent les bras !

Les liens du moment (9 septembre 2015)

Je n’oublie pas le blog, je suis en pleine préparation d’une série d’articles et je ne désespère pas de trouver un moment pour les écrire ! Devinez de quoi je vais vous parler :

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Mais en attendant, voilà un peu de lecture !

De chouettes livres antisexistes

Une chronique de La Mare aux Mots pour combattre les clichés (documentaires).

Un article de Ricochet sur j’aime pas la danse de Stéphanie Richard et Gwenaelle Doumont.

Are you a boy or are you a girl ? de Sarah Savage, un album en anglais pour les 3-7 ans dont le héros n’a pas de sexe prédéfini. Une page Facebook (en anglais également) lui est consacré.

Une petite sélection de livres de Talents Hauts pour les « graines de féministes ».

Un peu à part, une bibliographie sur la masculinité faite par la médiathèque départementale du Nord. Je la partage parce qu’elle est intéressante sur bien des points, en particulier pace qu’elle mêle ressources jeunesse et adulte, ressources vidéos et livres, fictions et documentaires. Cependant l’introduction est agaçante (parlons des hommes le jour e la Journée internationale du droit des femmes, on n’en parle pas assez… et les pauvres hommes souffrent de la misandrie…) et certains titres sont réacs (ah, Stéphane Clerget, qui a commis ceci…). A prendre avec précaution donc.

Analyse de la littérature jeunesse 

La figure de l’ogresse, entre amour et destruction.

« Des représentations sexistes dans la littérature de jeunesse aux différentes formes de violences » par Bénédicte Fiquet.

Lutter contre la censure

Malgré les attaques, les livres jeunesse LGBT resteront à la bibliothèque de Grandbury (Texas).

Censure du bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon dans un lycée américain.

A voir et à écouter

Le centre Hubertine Auclert a créé une vidéo courte, claire et accessible pour expliquer ce qu’est le genre :

et une deuxième sur le sexisme et son lien avec les violence :

D’autres vidéos devraient suivre.

Quand des enfants commentent des pubs (sexistes) mettant en scène des femmes. Pour rappeler que les images publicitaires ont un effet sur l’inconscient et sur l’éducation des enfants.

Serge Hefez a consacré cet été une série d’émission à la jeunesse, intitulée le bel âge sur France Culture. Un des épisodes était consacré aux « jeunes face aux identités masculines et féminines« , un autre à la sexualité, un autre aux transformations de la famille et de la conception. Les autres épisodes sont intéressants également !

La rediffusion d’une interview de Gisèle Halimi datant de 1973. Elle y parle d’avortement, mais aussi de féminisme, du travail des femmes, de politique… Captivant !

Projet, initiatives, concours

Création d’un Collectif des créatrices de bandes dessinées contre le sexisme. On y trouve des témoignages, des ressources, mais aussi une charte et des pistes pour lutter contre le sexisme.

3e édition du Prix « Jeunesse pour l’égalité » par l’observatoire des inégalités, concours de communication visuelle pour les 11-25 ans.

Divers

Une étude sur les jeux Iphone pour enfants intitulée des pixels et des stéréotypes par Sophie Gourion.

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver ces liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter. 

Les liens du moment (7 juillet 2015)

Mise en cause de l’édition genrée et des livres stéréotypés

Peu après mon article sur la presse pour petites filles, Sophie Gourion a aussi dénoncé cette presse stéréotypée en mettant l’accent sur un autre aspect : les cadeaux offerts avec certains magazines. Et pour éviter cela, elle propose une liste de magazines « garantis 0% de paillette ».

Vous avez peut être entendu parler des cahiers de vacances genrés de chez Magnard, qui propose non seulement des cahiers « spécial fille » et « spécial garçon » mais qui en plus propose des cartes simplistes pour les filles, beaucoup plus riches pour les garçons. C’est le blog « Activités à la maison » qui l’a découvert et dénoncé au mois de mai (ce qui lui a malheureusement valu des centaines de réactions haineuses). L’info a circulé, a été reprise par Actualitté, par Sophie Gourion, etc. Une pétition a été mise en place et Magnard a annoncé que ces cahiers seraient refaits (sans préciser si les nouveaux seront non genrés…).

Je me disperse se demande si le père Castor est un vieux con réac, et a tendance a répondre oui quand on voit la répartition des tâches entre les pères et les mères !

De chouettes livres antisexistes

Un article de Poulet rotique qui présente des ressources féministes pour les jeunes filles (intéressantes aussi pour les jeunes hommes et les adultes).

Dans la lancée de son article contre les cahiers de vacances, Activités à la maison a présenté trois albums des éditions Talents Hauts, Dînette dans le tractopelle de Christos et Mélanie Grandgirard et la déclaration des droits des garçons et la déclaration des droits des filles d’Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol.

Madmoizelle présente 5 albums antisexistes pour les garçons (à lire aux filles aussi).

Une chronique de la mare aux mots sur l’homosexualité et l’homoparentalité.

Les attaques des anti-genres contre les livres jeunesse

Cette fois, c’est le maire de Venise qui se distingue par sa bêtise. Il fait retirer des écoles 49 livressélectionnés par l’équipe précédente pour lutter contre les stéréotypes. Parmi ces livres, plusieurs albums sur l’homoparentalité, particulièrement visée (Jean a deux mamans,  Avec Tango nous voilà trois) mais aussi Petit bleu et Petit JauneErnest est malade ou la petite casserole d’Anatole. Plusieurs bibliothèques et associations ont donc lancé un marathon de lecture contre la censure. On en parle ici et et Lu cie & co donne la liste des livres concernés ici.

Les actions des bibliothèques

Une interview de Sylvie Tomolillo, directrice du Point G, le centre de ressources sur le genre de la bibliothèque municipale de Lyon. Au passage, Point G propose des ressources en ligne que j’ai présentées ici.

Lors du dernier congrès de l’ABF, le groupe Légothèque a organisé une « bibliothèque vivante » (où l’on « emprunte » des personnes ressources sur un sujet) sur les questions de genre et une rencontre autour du pluralisme des collections.

Des ressources pour une éducation non genrée 

Un super dossier de Phypa sur les vendredis intellos : « une éducation antisexiste, pourquoi ? Comment ? » avec de nombreuses ressources. A lire, vraiment.

Un article d’égalimère sur l’importance de lutter contre les stéréotypes filles/garçons dès la petite enfance et les moyens de le faire.

Un article de 2014 sur les hommes qui travaillent en crèche, « entre invisibilité sociale et surexposition professionnelle ».

D’autres ressources féministes

Elles ne concernent pas forcément directement l’éducation ou la littérature jeunesse, mais j’ai trouvé ces ressources intéressantes…

Hen, pronom suédois qui désigne indifféremment un homme ou une femme.

Avorter en 1976, un article de Mme Déjantée sur les vendredis intellos.

Deux blogs découverts récemments :

Poulet rotique, déjà cité plus haut, qui parle de sexe, de féminisme. « Résolument engagé – féministe ascendant sex-positive – il entend faire savoir à ses lectrices/eurs qu’ils/elles ont tout à gagner à envoyer le patriarcat dans les roses. »

Comment peut-on être féministe ?, par la même auteure qu’a contrario, qui s’adresse aux femmes et qui cherche, entre autres, à évoquer « la difficulté à se déconditionner du réflexe d’auto-sabotage (réflexe que l’on nous a inculqué dès la petite enfance) qui nous pousse souvent, nous les femmes, à ne pas reconnaître nos propres compétences, à nous dénigrer, à douter de nous-mêmes, et du formatage social », « la difficulté à surmonter (…) le fait que les hommes soient plus écoutés », « l’importance de la libération de la parole », « la question de la solidarité entre femmes »… Je suis loin d’être d’accord avec tout, mais à mon avis c’est à lire pour s’interroger sur notre façon d’être féministe et nos difficultés.

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver ces liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter !

Les liens du moment (14 mars 2015)

Dire qu’à un moment, cette rubrique était hebdomadaire… Mais voyons le bon côté des choses en disant que je peux du coup faire une sélection plus riche…

Mais avant de vous donner des ressources en ligne, si vous voulez parler égalité dans l’éducation en direct, et que vous êtes lyonnais, les Vendredis Intellos organisent un brunch avec Anne Verjus, chercheuse au CNRS autour du thème « la famille doit-elle faire respecter l’égalité ? » le samedi 11 avril de 10h à 12h. Tous les renseignements sont ici.

Des sélections d’albums ou de romans

(à noter : j’ai repris pour cette sélection les titres des articles concernés, mais je déplore qu’ils s’adressent en général aux filles et je trouve tout aussi indispensable de faire découvrir ces livres aux garçons)

Une sélection de livres pour enfants qui bousculent les stéréotypes sur le blog du site Naître et grandir, par Mariouche Famelart

6 livres pour enfants qui mettent KO les stéréotypes sur terrafemina

5 « albums géniaux pour élever des femmes fortes »

Une sélection de romans ados (sur le passage des filles à l’âge adulte) et album jeunesse par Nathalie Riché, qui vaut mieux que son titre (« parlons littérature entre filles »)

12 empowering children’s books to add to little girls’ bookshelves : article en anglais, comme son titre l’indique, mais plusieurs titres ont été traduits en français (albums et romans jeunesse).

En image, la sélection de l’école des loisirs pour la journée internationale des droits des femmes : « albums et de romans mettant en scène des femmes dont les droits sont bafoués et des femmes qui se battent » :

selection 8 mars l'école des loisirs

Les 10 ans de Talents Hauts, maison d’édition qui lutte pour l’égalité des sexes

Une rencontre avec les deux éditrices dans l’émission Les Maternelles. Et des articles publiés à l’occasion de leur anniversaire par deux auteurs, Gael Aymon et Clémentine Beauvais.

Leur dernier album, Le zizi des mots d’Elisabeth Brami et Fred L. montre que songent, dans la langue française, le nom au masculin renvoie à une personne, et le même au féminin à un objet. Il est présenté ici et (et c’est beaucoup plus clair en image).

Des coups de gueule

Contre la représentation des pères dans certains albums jeunesse par Gabriel de La mare aux mots

Contre un énième livre sexiste sur une princesse par une libraire

Coup de gueule de Shannon Hale, auteure jeunesse dont une rencontre scolaire a été réservée aux élèves filles, sous prétexte que certains de ses ouvrages présentent des princesses sur leur couverture ou dans leur titre

Des actions des auteurs, des éditeurs…

L’éditeur de comics Boom ! lance une campagne pour faire exploser les stéréotypes

Des actions en bibliothèques

Désapprendre les stéréotypes en BU pour promouvoir l’égalité à Lille (exposition, guides téléchargeables, bilans des animations…) sur le blog de légothèque

La présentation de l’espace « égalité de genre » à la médiathèque Olympe de Gouges de Strasbourg sur le site de la BPI

« Tous genres bienvenus » : retour sur un festival dédié au genre dans les médiathèques de Wallonie-Bruxelles par légothèque

Des ressources pour aider à l’analyse (éducation, stéréotypes, représentations sexuées)

Publication par le ministère de la culture de Questions de genres, questions de culture dont on trouve la table des matières ici et une présentation par légothèque

Les enregistrements de la journée « qui (dé)fait le genre en éducation? » qui a eu lieu en janvier à l’ENS Lyon

Des activités et des analyses sur les représentations sexuées dans l’audiovisuel (publicités, clips, films) pour les fin de primaire, collégiens et lycéens.

Une étude de la DRESS sur les stéréotypes sur les rôles des hommes et des femmes en 2014. Une partie est consacrée à l’éducation des enfants.

Un rapport de l’OCDE sur l’égalité des sexes dans l’éducation : Aptitudes, comportement et confiance

Recherches et colloques

Colloque sur « Débats de société et littérature jeunesse font-ils bon ménage ? Le 18 juin 2015 à Montreuil avec en particulier une table ronde sur « stéréotypes, préjugés, questions d’éthique, comment ne pas tomber dans les bons sentiments, la simplification, le manichéisme ?

Appel à communication pour un colloque qui aura lieu en novembre 2015 à Bordeaux autour du thème « Mauvaises filles en littérature de jeunesse. Éducation & rééducation »

Bonnes lectures ! Et retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! J’y suis plus régulière qu’ici.

Les liens du moment (15 décembre 2014)

Coucou, je suis toujours vivante ! J’avoue qu’en ce moment, trouver la route du blog est un peu compliqué, entre un nouvel emploi du temps qui me laisse moins de temps libre pour le blog et une vie perso bien trop remplie. Mais j’espère quand même être plus régulière dans les temps à venir, j’ai plein d’idées d’articles en tête, et même déjà quelques uns entamés dans les brouillons.

Commençons avec ce qu’on a pu trouver sur internet comme ressources ces derniers temps.

Je vais commencer par me faire mousser un peu : ce blog fait partie du top 10 des blogs féministes de Marie-France, et j’avoue que j’étais assez fière, surtout en voyant les 9 autres blogs !

 

Mais revenons à nos moutons :

Littérature jeunesse antisexiste, analyse

Une interview de Melanie Decourt, éditrice et cofondatrice des éditions Talents Hauts, sur le blog la mare aux mots. Elle revient sur l’histoire de la maison d’édition, l’évolution de la production éditoriale depuis 10 ans, le public auquel s’adresse les livres…

Le dico des filles de chez Fleurus a encore fait parler de lui cette année… Et Clémentine Beauvais prend un peu de hauteur pour parler du documentaire jeunesse et de « l’impératif de vérité »… qui n’est qu’une illusion : « Evidemment, le livre documentaire pour la jeunesse doit informer, mais l’information, quelle qu’elle soit, n’est évidemment ni neutre ni objective et elle ne peut l’être. Le Dico en est une illustration particulièrement controversée. »

Une interview de Virginie Houadec sur le blog des vendredis intellos qui revient sur le sexisme en littérature jeunesse, et plus particulièrement sur les relations amoureuses modèles de couple et d’amoureux proposés dans les livres à destination des élèves. Celles et ceux qui veulent aller plus loin pourront consulter sa thèse sur le sujet.

Un article du soir qui souligne que les stéréotypes sexistes sont toujours présents en littérature jeunesse et qu’il est difficile de passer une Saint-Nicolas (ou Noël) loin des stéréotypes sexistes.

Un article de metronews sur l’ouverture de la littérature jeunesse a la famille non traditionnelle avec une sélection de livres.

 

Albums antisexistes

Un article de Lu cie & co sur l’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel et Anne Bozellec dont j’ai parlé ici.

Après « on n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe« , voilà « on n’est pas des super héros, mon premier manifeste antisexiste » de Delphine Beauvois et Claire Cantais chez la ville brûle. On en parle dans le tiroir à histoires et la mare aux mots (même si je ne suis pas d’accord avec Gabriel sur le mot « antisexiste » à la place du mot « féministe »).

 

Education des filles et des garçons, marketing genré

Un entretien la documentariste Cécile Denjean au moment de la diffusion de son documentaire “Princesses, pop stars et girl power”, qui réfléchit « sur ce qui fonde, construit et contraint la féminité ».

Un article sur la « fabrique des garçons« , ou comment les transgressions et les difficultés scolaires des garçons « sont, le plus souvent et quelque soit leur milieu social d’origine, des conduites liées à la construction même de leur identité masculine ». Crêpe Georgette a résumé le livre de Sylvie Ayral ici.

Une présentation du nouveau plan pour l’égalité à l’école : le nouveau site est ici et Rue89 l’a comparé avec le site des ABCD de l’égalité.

Des idées d’instits pour enseigner l’égalité filles/garçons à l’école.

 

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! J’y suis plus régulière qu’ici en ce moment. Et bonne lecture.

Les liens de la semaine (27 juillet 2014)

Un moment que je n’avais pas pris le temps de réunir des liens ici… Mais me revoilà avec de la lecture !

– Sur le blog de l’institut Egaligone, une étudiante en psychologie raconte son stage en MJC « pour plus d’égalité via les albums jeunesse » et propose un livret intitulé « l’égalité filles/garçons et les albums jeunesse » :

Ce livret sert donc à montrer ce qui est en jeu dans les albums jeunesse, comment certaines différences entre filles et garçons peuvent passer pour naturelles, alors que construites dans le livre et par la société, comment les personnages/histoires ne sont pas similaires selon le sexe du personnage. C’est donc une vision critique – sans être négative – des livres dédiés aux enfants et jeunes, afin que ceux-ci et celles-ci soient moins exposé.e.s aux stéréotypes ou à des contraintes en raison de leur sexe, mais justement qu’ils et elles puissent faire des choix de la manière la plus libre et autonome possible, de les éclairer sur les questions d’égalité.

Elle propose également une analyse de plusieurs albums jeunesse, comme Suzanne est à la hauteur de Fred L. (Talents hauts, 2011), 65 millions de français de Stéphanie Duval & Sandra Laboucanie (Bayard, 2012), La petite casserole d’Anatole d’Isabelle Carrier (Bilboquet-Valbert, 2009)…

– Un article de 2009 sur l’édition genrée, où on constate que les choses n’ont pas vraiment changé ces dernières années…

livres filles:garçons

(Quand même Gallimard s’y met…)

– Un article des cahiers pédagogiques sur « C’est quoi être une fille ? C’est quoi être un garçon ? » de Stephane Clerget et Florence Lotthé-Glaser (Bayard, 2014). Rappelons que Stephane Clerget est également auteur de « Comment plaire aux filles » et « Comment plaire aux garçons » qui m’avaient fait dresser les cheveux sur la tête il y a quelques temps

Et parmi les présentations et analyses de livres pour enfants, citons un article de la mare aux mots sur le chouette livre d’Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevèque, la princesse qui n’aimait pas les princes (Actes Sud Junior, 2010) et un article de Delivrer des livres sur Riposte : comment répondre à la bêtise ordinaire de Jessie Magana et Alain Pilon (Actes Sud Junior, 2014).

Les liens de la semaine (1er juin 2014)

Cette semaine :

Une sélection des livres des éditions Didier Jeunesse qui abordent la question de l’identité fille/garçon. On y trouve des livres d’Ilya Green, de Stéphane Servant…

Légothèque, un blog de l’Association des Bibliothécaires de France un blog sur les bibliothèques, la construction de soi et la lutte contre les stéréotypes. Il s’intéresse à la fois à l’antisexisme et au multiculturalisme.

Je découvre en retard que l’université Lyon 1 a organisé le 5e festival science et manga sur le thème du genre. Si la manifestation est terminée, on peut encore trouver sur le blog du festival des ressources intéressantes, en particulier une sélection de mangas analysés du point de vue du genre et des conférences filmées.

Une présentation des éditions Talents Haut par Camille Labousse. Son article a été commenté sur les vendredis intellos.

Pour ce qui est des livres antisexistes, la maison d’édition Des ronds dans l’O publie des bandes dessinées regroupant des courts récits d’auteurs et d’illustrateurs différents, intitulées En chemin, elle rencontre, sur les droits des femmes. L’éditeur leur a consacré des pages internet détaillées, avec présentation du projet et lien vers des articles de journaux ou de blogs qui en parlent. Le  premier volume s’intitule les artistes s’engagent contre la violence faite aux femmes, le second les artistes se mobilisent pour le respect du droit des femmes et le dernier les artistes se mobilisent pour l’égalité Femme-Homme. Ce dernier volume est également présenté (avec des images) par Noukette.

Je vous invite également à lire l’article de Delivrer des livres sur On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe de Delphine Beauvois et Claire Cantais (la ville Brûle, 2013) et un article de Toute la culture sur la déclaration des droits des filles et la déclaration des droits des garçons d’Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol (Talents Hauts, 2014).

Et retrouvez toujours les liens sur la page facebook du blog ! Bonne lecture.

Coup de talon de Sylvie Deshors

Aujourd’hui, roman pour ados !

Coup de Talon de Sylvie Deshors (Talents Hauts, 2013)

coup de talon deshors

La collection Ego de chez Talents Hauts présente de courts romans pour ados écrits à la première personne, « pour réfléchir, comprendre, s’émouvoir, se libérer » et qui abordent « Sexisme, identité, différence, discrimination, amour, violence, résistance, solidarité, égalité, liberté… » Après un roman consacré aux dangers d’internet et un autre à la violence conjugale, c’est Sylvie Deshors qui écrit le troisième roman et nous parle d’agression sexuelle.

Alors qu’elle descend du métro, Laure se fait agresser. Un sac volé, des insultes, une jupe déchirée, et des mains entre ses cuisses.

C’est sa soeur Lucie qui prend la parole dans ce roman. Lucie qui décrit les conséquences de cette agression, sa soeur qui se renferme, la promesse qu’elle a faite de n’en parler à personne.

« En la voyant si desespérée, si malade de honte, j’ai cédé. J’ai juré. Au moment de m’endormir, cette affreuse nuit-là, j’ai imaginé leurs mains entre les cuisses de Laure et j’ai pleuré. »

Lucie qui va tout faire pour aider sa soeur mais qui va se sentir tellement désemparée face à sa tristesse mais aussi à sa colère.

 

Les agressions sexuelles sont malheureusement fréquentes. C’est donc important de trouver un roman qui aborde le sujet et qui s’adresse à ados à qui, malheureusement, ça peut arriver (Laure et Lucie sont au collège). Sans en minimiser les conséquences, pour la personne mais aussi pour son entourage, le roman montre une adolescente qui finit par trouver le moyen de remonter la pente, de donner le coup de talon, au fond de l’eau, qui permet de remonter à la surface. Le chemin qu’elle va trouver, ce sera la solidarité féminine. S’appuyer sur sa soeur, mais aussi d’autres filles, elles aussi confrontées au sexisme. Et se rappeler que les victimes ne sont pas coupables et qu’elles n’ont pas à avoir honte.

« Eloa conclut l’air rebelle :

– Etre fière d’être une femme. Devenir forte pour se faire respecter, c’est la solution.

Le visage de Laure s’épanouit soudain :

– C’est bon d’être plusieurs. »

 

Au delà du sujet abordé, j’ai apprécié le fait que ce soit la soeur qui parle, ce qui permet de montrer les conséquences d’une telle agression sur Laure sans tomber dans des descriptions psychologiques. La relation de deux soeurs à la fois très proches et très différentes, « la brindille et le galet », est joliment décrite. Les parents vont faire confiance à la plus jeune pour aider sa soeur. J’ai aussi aimé l’amitié de Lucie avec Timéo, qui la soutient. Une amitié entre une fille et un garçon sans romance, c’est rare !

J’ai parfois trouvé le roman un peu court (100 pages, écrit gros, lu en 1h) pour les sujets qu’il aborde, mais je pense que cela peut permettre d’accrocher aussi de faibles lecteurs.

 

Voilà ce que j’avais à en dire en quelques mots. Si vous voulez trouver une chronique mieux écrite ou plus complète, ça tombe bien, on a pas mal parlé de ce roman ! Dans la presse, on trouve des chroniques dans l’humanité (2e titre), le monde des ados, la Revue des livres pour enfantsRicochet. Quant aux blogs, on en parle sur la mare aux mots, Enfantipageles lectures de Val, d’un livre à l’autre, the Café Book, dimension ados,  et A lire au pays des merveilles.