Sarbacane

Ces livres qui ont attiré mon attention… #1

Très souvent, en fouinant sur un site d’éditeur ou en librairie, ou au boulot, je tombe sur un livre dont je me dis « celui-là, il faudrait que je le regarde de plus près/il faudrait que j’en parle sur le blog ». Souvent, j’en prends quelques photos à la va-vite, et j’en parle sur twitter, mais j’aimerais en garder une trace plus durable.

Alors j’ai décidé d’en faire une nouvelle série d’article ici. Je reviendrai parfois sur certains de façon plus détaillée par la suite, d’autre non (les journées n’ont que 24h, tout ça tout ça).

Je précise donc, avant de commencer, que je n’ai en général pas lu ces livres en détail. J’en ai vu la couverture, un résumé, quelques mots, ou je l’ai parcouru rapidement.. Je ne peux donc pas garantir qu’ils ne soient pas décevant. Mais je suis sûre que beaucoup seront des pépites. Si vous les avez lu, vu, en avez parlé sur votre blog, n’hésitez pas à m’en parler dans les commentaires !

 

Si vous vous intéressez à la littérature jeunesse antisexiste, vous avez sans doute remarqué la publication en français du livre d’Elena Favilli et Francesca Cavallo, histoires du soir pour filles rebelles (les Arènes, 2017).

histoires du soir pour filles rebelles

 

J’en avais déjà entendu parlé lors de sa publication en anglais, grâce à cette vidéo que je trouve très parlante, malgré sa visée publicitaire, pour montrer les stéréotypes toujours présents dans la littérature jeunesse aujourd’hui :

Il a aussi bénéficié de pas mal de presse au moment de sa publication en français, dont cet article dans Libération. Je serais très curieuse de le découvrir, en ayant entendu beaucoup beaucoup de bien et j’adhère à son ambition de «Rêvez plus grand, visez plus haut, luttez plus fort. Et, dans le doute, rappelez-vous : vous avez raison.». Je reste cependant dubitative sur son titre et ce « pour fille » genré, quand bien même elles sont rebelles, contre lequel je m’insurge dans la littérature jeunesse.

 

Un documentaire pour pré-ados et ados sur les règles, par Elise Thiébaut qui a déjà publié, pour adultes, Ceci est mon sang, Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font (la Découverte, 2017) et illustré par Mirion Malle, dont vous connaissez sans doute le blog, Commando Culotte. Et en plus, c’est publié par la ville brûle, maison d’édition engagée, qui a déjà publié de chouettes albums.

les règles quelle aventure

Voilà ce qu’en dit l’éditeur !

« Les règles, les ragnagnas, les affaires ou les machins… Une fois par mois environ, les filles et les femmes entre 12 et 52 ans saignent pendant quelques jours mais on n’en parle jamais, alors même que cela concerne la moitié de l’humanité.

Les règles ont longtemps été un instrument qui a permis d’opprimer les femmes et de leur donner l’impression qu’elles étaient impures et capables de moins de choses que les hommes. Les règles sont donc un véritable enjeu féministe auquel il n’est jamais trop tôt pour s’intéresser…

Parler des règles, c’est aussi parler du patriarcat, de sexualité, de religion… Dans Les règles… quelle aventure !, Elise Thiébaut et Mirion Malle abordent le sujet avec humour, de façon décomplexée et décalé, avec de solides références culturelles, mythologiques, médicales et féministes pour piquer la curiosité et enrichir la connaissance des préados et ados, filles et garçons. »

 

Encore un documentaire, mais pour les petits cette fois, repéré par Beatrice Kammerer, Zizi et zezette de Camille Laurans et Jess Pauwels (Milan, 2017)

zizi zezettes 1

Ce documentaire destiné aux 3-6 ans parle simplement des sexes aux enfants (et si le titre parle de zizi et zezette, les mots pénis et vulve sont également utilisés), et aussi d’érection, de masturbation. Béatrice Kammerer en a parlé sur son compte Facebook, et je lui emprunte ces quelques photos :

Les près de 350 commentaires qui s’accumulent sous son post Facebook montrent bien la difficulté qu’il y a encore à parler aux enfants de leur sexe.

 

Un album sur l’homoparentalité, les papas de Violette d’Emilie Chazerand et Gaelle Souppart (Gautier-Languereau, 2017).

papas de violette

Violette, face aux moqueries homophobes de ses camarades de classes, parle de sa vie avec ses deux papas, de la manière dont ils prennent soin d’elle, de ce qu’elle partage avec eux. Vous pouvez en voir plus ici. Personnellement, j’ai trouvé le propos un peu trop appuyé, mais il a l’intérêt de mettre en scène des humains réalistes, et il est utile si vous cherchez un album concret et réaliste sur la question.

 

Encore un album, overdose de rose de Fanny Joly et Marianne Barcilon (Sarbacane, 2017), sur les stéréotypes de genre, et une petite fille qui grandit sous cloche, sous une avalanche de rose, surprotégée par ses parents.

overdose de rose

Madame Machin-Chose a enfin une fille, après 6 garçons. Cette fille, qu’elle appelle Rose, sera forcément douce, calme, obéissante, gentille, mignonne, choupignonne, trognonne. Rose grandit sous cloche, ravissante et bien coiffée. Jusqu’au jour où…

J’ai été surprise de voir un album antisexiste illustré par Barcilon que j’associais justement un peu aux princesses roses bonbons. Mais je l’ai trouvé, en le parcourant rapidement, plutôt chouette, et abordant beaucoup de sujets : l’éducation genrée et la prédominance du rose, mais aussi la volonté de surprotéger les filles, l’importance qu’on porte à leur apparence, etc.

 

Et enfin, avec Dur·e·s à cuire, 50 athlètes hors du commun qui ont marqué le sport (Cambourakis, 2017), dans lequel il met en avant 25 femmes et 25 hommes hors du commun, Till Lukat est, à ma connaissance, le premier à utiliser l’écriture inclusive dans le titre d’un livre pour enfants (et ça ne m’étonne pas que ce soit chez Cambourakis !). Il avait déjà publié, chez le même éditeur, Dures à cuire, 50 femmes hors du commun qui ont marqué l’histoire en 2016.

dur-e-s à cuire

Les liens de la semaine (31 août 2014)

Présentation d’albums :

Cligne-cligne magazine propose une vidéo présentant l’album Totor et Lili chez les Moucheurs de nez de Philippe Corentin et Alain Le Saux (Rivages, Marseille, 1982, malheureusement épuisé) en l’introduisant par ce texte : « Sous prétexte d’une exploration du monde des Grands, c’est en réalité une cruelle caricature des comportements masculins qui est ici révélée à la jeunesse. » Philippe Corentin s’intéresse à nouveau à la question dans Papa n’a pas le temps publié chez Rivages en 1986 : « Papa n’a pas le temps présente le quotidien d’un couple, vu à travers les yeux de leur fille, qui explique les différents aspects de leur vie quotidienne : on constate très vite que la mère assume toutes les tâches ménagères et toutes les corvées, tandis que le père a, d’après le commentaire, toujours une bonne raison de ne rien faire… Le livre traite du machisme ordinaire, des clichés de la vie en couple, considérés comme normaux par de nombreuses personnes. »

Les éditions Sarbacane publient Rosie, géniale ingénieure, de Andrea Beaty et David Roberts, qui a l’air chouette. Le prénom de l’héroïne est un hommage à Rosie la riveteuse, femme ouvrière devenue symbole féministe. Je vous en reparle dès que j’ai l’occasion de le feuilleter !

Mélanie Decourt, éditrice chez Talents Hauts, est invitée sur le blog la Mare aux mots et présente des albums coup de coeur, dont Clémentine s’en va de Nella Bosnia et Adela Turin (éditions des femmes, 1976, épuisé).

 

Réfléxion, analyse :

Légothèque est un groupe de bibliothécaires qui a pour objectif de défendre une bibliothèque « engagée contre l’homophobie et les stéréotypes de genre » et de réfléchir au multiculturalisme, à la représentation des minorités. Il travaille sur les collection, mais également sur l’accueil du public. Deux membres du groupe ont répondu à une interview pour présenter leur projet ici et vous pouvez les retrouver sur leur blog, sur Facebook et sur twitter.

L’EHESS propose en 2014-2015 un cycle de conférences intitulé « Filles et Garçons, le genre fait-il La différence? » dont vous trouverez le programme ici. La première conférence s’intitule 2014 : filles et garçons, l’égalité. Pour qui ? Pour quoi ? et aura lieu le lundi 29 septembre. Une conférence sera également dédiée aux pratiques culturelles des enfants et des adolescents à l’épreuve du genre, et j’espère que je pourrai y aller (c’est le lundi 22 juin, j’ai le temps !)

Un livre qui a l’air très intéressant : »À l’école des stéréotypes. Comprendre et déconstruire » sous la dir. de C. Morin-Messabel & M. Salle (l’Harmattan, 2013). Marie Duru-Bellat le présente ici et on peut en trouver d’assez longs extraits . Deux chapitres concernent la littérature jeunesse, « Albums contre-stéréotypés et lecture offerte en Grande Section de Maternelle : mesure de l’impact sur les élèves à travers le dessin et la dictée à l’adulte » et « Corps en jeu dans la littérature de jeunesse ». D’autres chapitres concernent les manuels scolaires, l’enseignement de l’histoire, les normes de sexes dans les interactions entre enseignant(e)s et élèves…

 

Militantisme :

Ariane Baillon, qui vient d’avoir son baccalauréat a lancé une pétition intitulée « Benoît Hamon, donnez une place aux femmes dans les programmes scolaires« , aujourd’hui fermée après avoir recueilli plus de 14 000 signature. Un article ici, un autre et une émission de radio (7 minutes). Pour en savoir plus sur les représentations des hommes et des femmes dans les manuels scolaires, faites un tour sur le site du centre Hubertine Auclert qui a (entre autres) adressé un rapport au sénat sur la question. Ce centre a aussi décidé de décerner un prix pour « récompenser le caractère égalitaire d’une action ou d’un support, tels les manuels scolaires », mais ne l’ont pour le moment jamais décerné faute de manuels remplissant leurs conditions !

 

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! Bonne lecture.