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Chambre rose pour les filles, bleue pour les garçons (Vive les stéréotypes, 17)

Ca faisait un moment que je n’avais pas publié dans cette catégorie, mais ça me fait du bien, parfois, de partager mes énervements avec vous. Y’a pas de raison que je sois la seule à me mettre en colère !

Aujourd’hui, donc, la chambre de la fille de Perceval Barrier & Mathieu Sylvander (Ecole des loisirs, 2015).

chambre de la fille

Madame Souris a décidé qu’elle aurait 2 enfants, une fille et un garçon. Elle a aménagé deux chambres en conséquence, une bleue pour le garçon et une rose pour la fille, hein, histoire de bien enfoncer le clou des stéréotypes.

Mais quand arrive un deuxième fils…

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Et on va enfoncer le clou des clichés jusqu’au bout. Monsieur qui fait du bricolage dans la chambre bleue des garçons qui jouent au ballon…

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…pendant que Madame pleurniche dans une chambre de fille forcément rose avec des poupées et des fleurs. IMG_2533

Je pense que je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi une telle prolifération de stéréotypes m’exaspère.

Pour finir, Madame Souris finit par avoir sa fille même si ce n’est pas exactement la petite fille qu’elle attendait. Et tout est bien qui finit bien la fille dans la chambre rose pour fille et les garçons dans la chambre bleue pour garçon, histoire de ne surtout bousculer aucun cliché.

Quand au message « il faut forcément avoir des enfants des deux sexes pour être heureux », il m’agace profondément.

Je suis d’autant plus déçue que j’avais beaucoup aimé l’humour grinçant de ces deux auteurs dans leur précédent livre, trois contes cruels.

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des ronds bleus pour les garçons, des ronds roses pour les filles (Vive les stéréotypes, 15)

après la récré

Dans Après la récré de Christophe Loupy (Milan, 2015), l’auteur a décidé de représenter les personnages par des ronds. Et devinez quelles couleurs il a choisi ?

Bleu pour les garçons et rose pour les filles, bien sûr !

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Précisons que ce choix de différencier uniquement les garçons et les filles n’a pas d’intérêt dans le livre au niveau narratif. Le choix graphique aurait par exemple pu être une occasion d’insister sur la variété des enfants en proposant des couleurs différentes. Après tout, on sait depuis Petit bleu et petit jaune de Léo Lionni que les enfants peuvent être des ronds de toutes les couleurs.

Mais malheureusement c’est souvent plus confortable de reproduire les stéréotypes…

Cet auteur avait déjà publié Dans la cour de l’école sur le même principe.

dans la cour de l'école loupy Visiblement cet album est souvent exploité en maternelle. Et je comprends parfaitement l’intérêt au niveau des capacités d’abstraction, de représentation dans l’espace, etc. Mais dans les idées d’exploitation en classe, on note rarement une remise en cause des stéréotypes, bien au contraire. On propose de trier les enfants de la classe avec les filles sur fond rose et les garçons sur fond bleu, ou on réalise un petit livret sur le même principe, avec les filles qui jouent d’un côté, les garçons de l’autre (même si le texte précise que ce n’est que « parfois », c’est cette situation qui est illustrée), et quand un garçon est du côté des filles, « mais il y a un garçon qui s’est trompé ». Quand l’école reprend les stéréotypes qu’elle est censée combattre…