Kitty Crowther

Les liens de la semaine (6 juillet 2014)

Cette semaine, j’ai fait un article consacré aux ABCD de l’égalité en réunissant les nombreux liens sur le sujet.

A part ça, un article sur Poka et Mine, le football de Kitty Crowther dont je parlais moi aussi il y a peu.

Madame Sioux parle sur son blog d’éducation non genrée et participe à une émission de radio sur le sujet où elle pousse un coup de gueule contre la collection Petit garçon / Petite fille chez Fleurus et parle du super livre Contre les jouets sexistes.

Un article sur le sexe et le genre des animaux dans les dessins animés sur le blog du c@fé des sciences, où l’auteur montre que le héros est toujours un homme, même quand il s’agit normalement d’un animal femelle (via Mme Déjantée).

Un article intitulé Que lisent (vraiment) vos enfants ? qui indiquent que les enfants aiment les livres qui se moquent du monde qui les entoure, qui les pousse à s’interroger, qui remet en cause les archétypes. Même s’il n’aborde pas à proprement parler les stéréotypes filles/garçons, il me semble que beaucoup d’albums qui luttent contre les stéréotypes peuvent rentrer dans cette description.

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! Bonne lecture.

Poka et Mine, le football par Kitty Crowther

Poka et Mine sont les héros d’une série d’album de Kitty Crowther, deux insectes que l’on suit dans leur vie quotidienne, à la pêche, au musée ou au cinéma. Il s’agit d’un père et de sa fille :

Ça me plaisait de nouveau de raconter une histoire monoparentale. Il y en beaucoup d’histoires très belle qui fonctionnent sur ce principe en Suède. Cela ne veut pas forcément dire que le père ou la mère est absent. Mais la relation que mon fils a avec moi n’est pas la même que celle qu’il a avec son père. Et dans l’histoire de Poka & Mine, je voulais raconter une histoire de père et de fille. (source)

L’opus qui nous intéresse ici, c’est « le football » :

poka et mine football

Poka & Mine, le football de Kitty Crowther (Pastel, 2010). Existe en lutin poche (l’école des loisirs, 2012).

Un beau jour, Mine annonce à Poka qu’elle veut faire du foot :

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Poka va donc accepter sans difficulté d’inscrire sa fille au foot et de lui acheter le matériel nécessaire. Mais au club, elle est la seule fille. Elle débute, et les garçons se moquent d’elle. Elle doit attendre que les douches soient disponibles, et se retrouve seule.

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Mais elle ne se laisse pas abattre. Elle décide de s’entrainer dur, seule chez elle, pour s’améliorer. Et bien sûr, c’est grâce à elle que l’équipe va finalement gagner le match.

Le livre se termine par un écho au début :

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On a donc ici une petite fille bien consciente des stéréotypes qui pèsent sur ces deux activités, mais qui est bien décidée à ne pas en tenir compte pour faire ce qui lui plait à elle. L’auteure, cependant, ne masque pas les difficultés, les moqueries. Est-ce qu’un débutant arrivant dans un club serait moquée comme Mine, à qui on reproche dès le premier jour de mal jouer ? Et l’isolement surtout.

Mais à force de persévérance et d’enthousiasme, Mine sera montrer qu’elle est tout à fait capable de bien jouer au foot et sera donc acceptée dans l’équipe.

Poka est un père attentionné, qui s’il tend à véhiculer des stéréotypes (« c’est un sport de garçon »/ »c’est un sport de filles », il veut aller « dire deux mots à l’entraineur » et donc défendre sa fifille), respecte les choix et les décisions de Mine. leur complicité, le respect qu’il y a entre eux est manifeste.

On retrouve dans ce livre les dessins délicats de Kitty Crowther, au crayon de couleur, que j’aime beaucoup. Mais comme je le disais à propos d’un autre de ses livres sur mon blog perso, sous cette apparente simplicité on découvre une grande richesse et beaucoup de détails.

Pour en savoir plus, on en parle aussi sur Ricochet, lire aux enfants, enfantillages, le blog de la librairie Comptines, et on trouve des pistes pédagogiques pour l’utiliser en classe ici.

PS : le choix de ce titre n’a rien à voir avec l’actualité footballistique. C’est juste que je l’ai pris à la bibliothèque il y a un moment (doux euphémisme) et qu’il faut vraiment que je le rapporte !