Ilya Green

Maman peint, papa fait la cuisine (on progresse, 11)

Comme la semaine dernière, un album qui n’a absolument pas pour sujet le sexisme ou l’antisexisme, mais qui au passage bouscule les stéréotypes.

Elsa Valentin et Ilya Green, Bou et les 3 zours (l’Atelier du poisson soluble, 2008).

J’en ai déjà parlé, le tablier est dans les albums jeunesse un attribut de la mère. Mais ici, c’est le père qui fait la cuisine pendant que la mère peint.

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Nous, on laisse les parents à la maison et on suit la petite Bou dans ses aventures, mais cette remise en cause des stéréotypes reste dans un coin de notre tête…

Je présente cet album (qui est un gros coup de coeur) sur la licorne et ses bouquins.

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Un an déjà ! Résultats du concours

J’ai un peu de retard pour le tirage des résultats. Ca devient une habitude ces derniers temps… Mais vos commentaires m’ont fait très plaisir ! Ma liste de livre à lire ou à commenter sur ce blog s’est enrichie de plusieurs titres !

Trêve de bavardage.

C’est Lilyla qui gagne les mots indispensables pour parler du sexisme.

Et c’est Chloé qui gagne l’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon.

Et puis je me suis dit qu’il fallait que je me prête au jeu aussi. Mon livre jeunesse antisexiste préféré… La question n’est pas facile parce que j’en ai lu ou commenté beaucoup. Tous les titres qui apparaissent actuellement dans l’onglet Livres sont des coups de cœur, et ce n’est qu’un début ! J’ai cependant une tendresse particulière pour Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green.

Quant au livre qui m’a poussé à m’intéresser au féminisme… Je me suis toujours considérée comme féministe. J’ai souvent dit que j’étais féministe, mais pas militante. La lecture de Contre les jouets sexistes aux éditions l’Echappée m’a beaucoup marquée.

contre les jouets sexistes

J’en avais d’ailleurs fait un (long) résumé sur le site des vendredis intellos, avec une introduction consacrée à l’injonction à un genre, une première partie à la construction de la féminité et de la masculinité, une seconde partie à la norme hétérosexuelle et enfin une troisième partie aux alternatives et aux luttes.

Et puis je peux citer aussi ma voiture de Byron Barton, un album pour enfant, un des chouchous de mon fils qui a l’intérêt de s’éloigner de certains clichés. Et pourtant, après quelques mois à travailler avec des tout-petits à la bibliothèque, je me suis rendue compte que je le proposais beaucoup plus souvent à des petits garçons qu’à des petites filles parce que je me disais inconsciemment « un livre sur les voitures, ça va leur plaire ». C’est un point de départ de mes réflexions sur une littérature jeunesse antisexiste, et donc une des origines de ce blog!

Les liens de la semaine (30 septembre 2014)

(oui, je sais, mes semaines ont des durées variables en ce moment…)

 

Les livres pour enfants :

Il y a eu les chroniques croisées avec la Mare aux mots et Maman Baobab : la Mare aux mots a parlé, comme moi, de l’Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon et de la dictature des petites couettes en citant gentiment mon avis, et Maman Baobab a parlé de l’Histoire de Julie, mais aussi de Rose bonbon et de la série Zazie. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lire leurs chroniques, faites le vite !

Toujours sur la Mare aux mots, une interview d’Elise Gravel, auteure de Tu peux, album numérique antisexiste gratuit (téléchargeable ici).

Encore un article de la Mare aux mots sur un album intitulé l’heure des mamans de Yael Hassan et Sophie Rastegar qui souligne que justement, les mères ne sont pas les seules à aller chercher leurs enfants à l’école.

Chlop parle de la dictature des petites couettes d’Ilya Green dont j’ai parlé ici.

Bouma parle du chouette Votez Victorine de Claire Cantais.

Méli-mélo de livres parle d’Oublier Camille de Gaël Aymon.

Phypa parle sur les vendredis intellos du Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses de Catherine Dufour que j’avais évoqué ici. Au passage, je vous conseille vivement de découvrir la catégorie Modèles féminins de son blog.

L’édition genrée :

Un intéressant témoignage de Clémentine Beauvais sur le fait d’être auteure de romans pour les 7-10 ans et en particulier sur la difficulté d’éviter que l’éditeur n’en fasse un livre genré :

« Le problème étant que même quand on dit et répète qu’on NE VEUT PAS UN LIVRE GENRé et qu’on écrit une histoire qu’on considère parfaitement dégenrée, l’éditeur dit oui oui bien sûr et au final on se retrouve quand même avec une couverture rose à paillettes ou bleu marine métallisé, et les chroniques se succèdent qui annoncent ‘une histoire qui devrait plaire à toutes les petites filles’ ou ‘qui va enfin faire lire les petits garçons’. »

La recherche :

Voilà le programme de la journée d’étude «Etre une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse européenne de 1950 à 2014 » à Bordeaux le 22 octobre.

Et même si ça ne concerne pas directement la littérature jeunesse, une journée d’étude « Que faire de la théorie du genre ? » à Lyon le 17 octobre.

Les anti-genres :

Plus énervant, Farida Belghoul propose des lectures collectives de contes traditionnels pour lutter contre la théorie du genre avec vérification de la compréhension par les enfants et réponses toutes faites (c’est par là si jamais vous avez besoin des réponses).

Et la manifestation prévue le 5 octobre risque d’apporter son lot de propos qui donnent envie de s’arracher les cheveux…

La dictature des petites couettes

J’ai un faible pour la série « Olga » d’Ilya Green. Alors quand Gabriel de la Mare aux mots m’a proposé une chronique croisée autour du dernier album de cette série, la dictature des petites couettes, j’ai sauté sur l’occasion ! Retrouvez son avis ici.

Voilà les quatre livres précédents :

histoire de l'oeuf ilya green

strongboy ilya green

sophie et les petites salades  le pestacle green

Des livres qui mettent en scène des jeux d’enfants, et ce qui est particulièrement appréciable, des jeux non genrés. Filles comme garçon jardinent, jouent à la marchande ou au « pestacle ». Dans ces albums, les filles peuvent être chefs (mais ça devient compliqué quand elles le sont toutes en même temps), les garçons ont le droit de pleurer. C’est donc une série que j’apprécie particulièrement (j’ai un faible pour Sophie et les petites salades).

Le dernier-né, la dictature des petites couettes, parle de déguisement, et interroge de manière beaucoup plus directe des stéréotypes et des diktats de la mode, qui touchent très vite les enfants.

dictature des petites couettes green

On retrouve dans ce titre les personnages récurrents de la série : Olga, Ana, Sophie, Gabriel, mais aussi le chat géant, l’oiseau et les fourmis. Ana et Sophie ont trouvé un coffre rempli de déguisement. Olga propose d’organiser un concours de beauté. Mais que faut-il pour être beau ? Les filles ont des idées bien arrêtées sur la question. Sophie affirme « les garçons, ça peut pas être beau ! En plus, pour être beau, il faut des petites couettes comme ça ! ». Ana dit au chat « Oh là là, tous ces poils, c’est vraiment pas beau ! Moi, à mon avis, il faut les couper ! ». Mais Gabriel réplique « Nous aussi, on a décidé de participer au concours de beauté, parce que les garçon et les chats aussi ont le droit d’être beaux ! ». Que vont décider les fourmis, grand jury du concours de beauté ?

015

On retrouve dans cette série toutes les caractéristiques qui font le charme de cette série. Le texte très dialogué, parfois plus proche de la bande dessinée que du dialogue. Les dessins d’Ilya Green, tout simples sur fond blanc sans décor, les jeux sur les motifs de tissu sont particulièrement réussis ici. (ceux qui me connaissent savent que je suis une inconditionnelle d’Ilya Green. Les autres peuvent, pour se faire une idée, lire mes articles sur Marre du Rose, mais aussi mon arbre, Bulle et Bob, etc). Les jeux d’enfants entre complicité, disputes, certitude d’avoir raison et mauvaise foi. Le décalage entre un côté très réaliste des jeux d’enfants et la présence naturelle avec eux d’un chat géant et de fourmis qui parlent.

 Mais puisque nous sommes ici avant tout pour parler représentations filles/garçons et antisexisme…

Les critères de beauté présentés par les enfants, même s’ils peuvent faire sourire, paraître dérisoires, sont cependant très proches de leur vécu, et pas foncièrement différents de ceux qui pèsent sur les adultes. Comme chez les adultes, les critères de beauté et les normes à respecter pèsent davantage chez les filles que chez les garçons. Elles les connaissent, les ont intégrées. Et cherchent à les reproduire, à les imposer aux autres. Elles sont certaines que ces critères relatifs sont absolus. La chute va rappeler que ce n’est pas le cas.

Mais est-ce que les enfants vont en prendre conscience seuls, simplement en écoutant la lecture de l’album ? Je n’en suis pas certaine. Je pense qu’une discussion, voire une explication sera nécessaire.

Les liens de la semaine (30 mars 2014)

– Le blog à l’ombre du grand arbre propose un article intitulé Drôle de genre avec une « petite sélection d’ouvrages dont les héros sont des héroïnes, et pas moins valeureuses » et un entretien avec Delphine Beauvois, auteure de On n’est pas des Poupées et Mélanie Delcourt, éditrice chez Talents Hauts.

 

– Grâce au lien précédent, je suis tombée sur un article du blog 3 étoiles sur deux albums qui me tiennent particulièrement à coeur : Marre du Rose de Nathalie Hense et Ilya Green dont j’ai déjà parlé ici et l’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel, Anne Galland et Anne Bozellec.

Cette semaine, à la bibliothèque, nous avons découvert que notre exemplaire de l’histoire de Julie avait été censuré par un lecteur, qui a collé sur le passage qui ne lui convenait pas un post-it avec écrit en gros, en rouge et avec un point d’exclamation « CENSURÉ ! ». Autant vous dire que ça m’a donné deux fois plus envie d’en parler !

 

– Je vous parlais la semaine dernière de deux articles de Katy Guest concernant la décision de The Indépendant de ne plus chroniquer de livres « pour filles » et « pour garçons ». Le second article a été à son tour traduit en français par l’observatoire de la théorie du binaire.

 

Voilà pour cette semaine !

Deux bibliographies de l’atelier des merveilles

Dans l’onglet Analyse des représentations genrées, il y a déjà des références, et en particulier les bibliographies de l’Atelier des merveilles. J’avais envie de vous les présenter plus en détail, parce que de toutes celles que je cite, ce sont mes préférées.
Déjà, parce qu’elles ont été illustrées par mes deux illustratrices préférées (Emmanuelle Houdart pour la première, Ilya Green pour la seconde).
Ensuite, parce que je partage leur façon de penser concernant le choix des livres :

« Les livres qui nous plaisent le plus ne sont pas ceux qui sont les plus démonstratifs, souvent caricaturaux par excès inverse, mais ceux qui ont métabolisé cette nécessaire évolution des identités et des rôles au point qu’elle se fonde dans la littérature à l’oeuvre. »

Enfin, parce que je trouve particulièrement intéressante la démarche de l’élaboration de cette bibliographie. En effet, l’atelier des merveilles accueille depuis 2003 parents et enfants une fois par semaine, après l’école, à la BCD de l’école du Centre au Teil, en Ardèche, pour des goûters-lecture ouverts à tous. « Des parents bénévoles l’animent pour vivre une expérience heureuse : échanger entre parents et enfants sur tous les sujets de la vie que l’album nous offre en partage. » (intro de « Pour bousculer les stéréotypes filles garçons »). Les Délégations aux Droits des femmes et à l’égalité (Ardèche & Drôme) leur ont demandé de partager leurs lectures sur le thème de l’égalité entre filles et garçons et cela a aboutit à la publication de la bibliographie de 2009 : « Pour l’égalité entre filles et garçons » :

biblio égalité 1

Elle était disponible sur le site du crdp de Grenoble mais il ne semble plus fonctionner actuellement. On peut la télécharger en PDF ici.

Cette bibliographie regroupe 100 titres, albums et quelques documentaires. Elle a  été élaborée par des parents, avec des livres qu’ils ont lu à leurs enfants lors des goûters-lectures. Des parents qui  insistent sur leur position de lecteurs et non de prescripteurs.

c’est donc à partir de la diversité de nos expériences de vie et la richesse des histoires que la littérature nous propose, que nous avons dressé cette sélection subjective d’albums. Ils sont des supports pour réfléchir, débattre, en toute liberté, étayer nos points de vue ou les déconstruire, ensemble.

Elle a été tirée à plusieurs milliers d’exemplaires et distribuée dans toutes les écoles primaires de Drôme et d’Ardèche, et est disponible en PDF.

Fort de ce succès, une seconde bibliographie a été publiée en 2011, intitulée « Pour vivre ensemble, riches de nos différences » et présentant 100 albums luttant contre les discriminations, au sens large. Elle comporte « une rubrique est consacrée à « l’Egalité des sexes » avec 12 albums pour mieux comprendre les enjeux et lutter contre les stéréotypes » publiés (ou réédités) en 2010 et 2011.

Enfin, une troisième bibliographie intitulée « Pour bousculer les stéréotypes filles garçons » a été publiée en 2013 .

biblio égalité 2

Il s’agit d’actualiser la première bibliographie à travers 92 titres publiés entre 2009 et 2013. Après avoir déploré une édition jeunesse qui se contente majoritairement de reproduire les stéréotypes, l’atelier des merveilles présente son travail ainsi :

A défaut d’égalité, il s’agit donc de compenser, par des visions plusnuancées, critiques, originales ou décalées, des rôles des hommes et des femmes, afin d’élargir le champ des possibles. Mais aussi de continuer à penser l’émancipation sous toutes ses formes. L’invisibilité des femmes dans certaines fonctions est aussi insupportable que celle des hommes dans d’autres. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’albums qui témoignent des changements positifs, de positionnements naturellement égalitaires sans s’appesantir ?

Le blog de l’association présente régulièrement de nouveaux albums, dont des albums antisexistes qu’on peut retrouver avec les tags genre, stéréotype, condition féminine, féminisme, égalité, sexisme et relation garçon fille.

L’atelier des merveilles a été emporté ces dernières semaines dans la polémique autour de Tous à poil. Jean-François Copé a présenté l’album ainsi : « Ça vient du centre de documentation pédagogique, ça fait partie de la liste des livres recommandés aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire ». En réalité, Tous à poil figure dans la bibliographie « Pour bousculer les stéréotypes fille garçon » où il est présenté ainsi :

A poil le bébé ! A poil les voisins, le policier, la mamie, les footballeurs, la maîtresse, le docteur, le président directeur général, les dames de la cantine… Tous à poil ! Un étonnant album qui montre des personnages en train de se déshabiller, les uns après les autres, pour une baignade jouissive, une nudité heureuse, où chacun est vu dans sa nature, jeune, vieux, homme, femme, fille, garçon, en toute simplicité, avec un humour chaleureux, loin des images complexantes des médias. Rare et bienvenu !

La bibliographie a été proposée parmi les ressources possibles pour les enseignants sur le site du CRDP de Grenoble puis sur le site de l’ABCD de l’égalité (pour les détails, voir ici et ). Il a été suite à la polémique retiré du site de l’ABCD de l’égalité (voir ici). Copé s’en est pris ensuite directement à l’atelier des merveilles et à Cécile Moulain (qui a fait partie de la LCR), considérant que l’objectif est «  la défense de la lutte des classes.Car vous comprenez bien que le choix des profils qui ont été déshabillés dans Tous à poil c’est aussi pour montrer qu’on ne veut plus de la marque d’autorité, quand on déshabille une maitresse, un policier, un président directeur général ! ».

L’atelier des merveilles a répondu sur son blog ici, et .

Grâce à la littérature jeunesse, nous échangeons comme nulle part ailleurs, entre parents et enfants et entre pairs, que la parentalité et la scolarisation de nos enfants dans l’école de la république a réunis sur un territoire à habiter ensemble. Le plus souvent, ce sont les enfants qui amènent leurs parents à ce rendez-vous unique, chaleureux, gratuit, volontaire, joyeux. (…) Nous lisons ensemble et construisons à plusieurs le sens (multiple) de ce que nous lisons avec ce que chacun est à ce moment là, ce qu’il a envie, besoin d’y trouver pour mieux se comprendre, appréhender le monde, ressentir des émotions, penser la vie.

Si penser ces rendez-vous familiaux comme des espaces de socialisation intergénérationnelle, d’expression libre et de culture est politique,

si échanger sur tout ce qui fait nos vies, être traversé par ce qui traverse tout individu dans cette société et tenter de le comprendre avec l’aide de la littérature, est politique,

si faire une expérience associative, sans chef (ni présidente), mais en collectif, où papas et mamans s’investissent et promeuvent en les vivant des relations humaines égalitaires, est politique

si participer à la vie de notre cité, s’accompagner mutuellement dans notre parentalité, s’entraider, accompagner nos enfants dans leurs découvertes, permettre la rencontre d’œuvres et de créateurs pour changer la vie, est politique

alors, oui, cette politique est la nôtre.

J’ai parlé longuement, mais je vous conseille vivement d’écouter les parents de l’atelier des merveilles, en particulier dans cette émission de radio passionnante où les parents s’expriment avec beaucoup d’intelligence et dans cette vidéo :

<p><a href= »http://vimeo.com/87071193″>L’Atelier des Merveilles, Le teil, Ardèche</a> from <a href= »http://vimeo.com/user5052785″>MONTANT Mich&egrave;le</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

(Vidéo présentée ici)

Vous pouvez aussi trouver un article sur l’histoire et le fonctionnement de l’atelier des merveilles à la dernière page de ce document ou une présentation par une librairie partenaire. Et plongez dans les bibliographies, elles valent le coup !

Marre du rose ! de Nathalie Hense et Ilya Green

Sur ce nouveau blog, il fallait absolument que je commence par parler de Marre du rose de Nathalie Hense et Ilya Green. Parce que ce livre est mon gros coup de coeur parmi les livres antisexistes.

marre du rose

Elle aime le noir. Elle aime les insesctes et les araignées (« j’ai même pas peur de les prendre dans mes mains »), les fossiles et les dinosaures… et surtout les grues ! Elle observe ses amis Auguste et Carl dessiner des coccinelles et coudre des habits pour les poupées.

Mais elle doit faire face aux remarques de son entourage. « Maman dit que je suis un garçon manqué ». « Coudre, ma mère dit que c’est un truc de fille ». « Mais ça, tout le monde dit que c’est que des choses de filles ».

Pourtant, elle affirme haut et fort qu’elle est une « fille réussie » avant de se réfugier dans sa cabane.

marre du rose intérieur

Nelly Chabrol-Gagne en parle joliment dans son livre Filles d’albums (elle y consacre la page 31 et propose une analyse détaillée de l’album) :

« Cette fillette au caractère bien trempé (qui) n’aime pas les jeux dits de filles, mais revendique son appartenance au sexe féminin, tout comme elle sait bien que Carl est un garçon, même s’il peint des fleurs sur ses dessins et qu’il a peur de tout. Peu à peu, l’héroïne se forge un savoir incontestable : il y a bien des filles et des garçons, d’un point de vue biologique ; mais sur le plan des agissements, elle récuse toute attribution d’un coefficient sexué à telle ou telle activité. » (…). Elle se sait « fille réussie » et non « garçon raté ».

J’en ai longuement parlé dans un article publié sur le blog des vendredis intellos.

Vous pouvez également retrouver des présentations de cet album sur la mare aux mots, Mya’s books, chez Laurette (tout en bas de la page), la soupe de l’espaceSacripan, Altersexualité, deslivresetlesenfants.

On trouve également des articles consacrés à ce livre sur Ricochet ou télérama.

Edit du 30/03/2014 : il y a aussi un article qui en parle sur le blog trois étoiles.