Homoparentalité

Diversité des familles

Nous avons parlé des rôles et des représentations des pères et des mères dans les albums pour les petits, mais ils ne sont pas présents dans toutes les familles, et nous avons ensuite parlé des diversités familiales, des familles qui sortent du modèle un papa/une maman.

Nous avons cherché des livres sur des parents séparés. Force est de constaté que la production éditoriale est très pauvre sur le sujet, surtout pour les tout-petits : les albums sont peu nombreux et ceux qui existent nous ont souvent déçu par leur piètre qualité. Nous n’avons donc pas abordé tous les sujets que nous souhaitions, et en particulier la séparation des parents et le temps partagé entre deux maisons. Si vous avez des titres intéressants, les commentaires vous sont ouverts !

On commence avec une famille monoparentale dans le papa qui avait 10 enfants de Bénédicte Guettier (oui, celle de l’âne Trotro) (Casterman, 1997).

papa qui avait 10 enfants

Dans cet album, comme le titre l’indique, un père s’occupe (seul) de ses 10 enfants : habillage, trajets jusqu’à l’école, préparation des repas et histoire du soir. Ce papa, un peu débordé, semble quand même assumer pas mal. Tout pour lui est compté sur une base de 10 : bisous, brossage des dents, vêtements (chaussettes : 20), repas (mûres : 100), etc. Ici, donc, l’image d’un papa qui s’occupe des tâches ménagères comme éducatives, ce qui est encore rare dans la production jeunesse. En “collant” 10 enfants à ce pauvre homme, l’auteur caricature la situation comme elle caricature son dessin : trait noir épais, dessin très simple, très en mouvement et couleurs très vives « sorties du tube ».

Dans ce livre, il n’y a pas de mère. Elle n’est même pas évoquée et personne ne dit pourquoi. C’est un état de fait et nous l’acceptons car l’auteur commence le livre à la manière d’un conte : « Il était une fois un papa qui avait 10 enfants. »

On remarque tout de même sa fatigue. Et un jour, il ose l’interdit (il l’a même prémédité puisqu’il construisait le soir un bateau). Il confie ses enfants à la grand-mère et s’offre le rêve absolu : être seul, dormir, faire une activité rien que pour lui (pêcher). Abandon temporaire : il s’offre 10 mois. Mais voilà, au bout de 10 jours ses enfants lui manquent déjà !

À sa manière, ce livre nous parle d’une situation très réelle. Qui n’a pas rêvé de ne plus avoir d’enfants temporairement ? Dans les albums, on aborde presque jamais la fatigue, ou le ras-le-bol des parents (qui plus est, du parent seul). L’auteur nous décrit une situation proche du burn-out mais elle le fait avec beaucoup d’humour et de tendresse.

 

Nous avons ensuite abordé la question de l’homoparentalité, avec deux livres au parcours éditorial très différent.

Jean a deux mamans d’Ophélie Texier (école des loisirs, 2004).

jean a deux mamans

Ce livre fait partie d’une série : « les petites familles », des petits livres cartonnés toujours au même format avec animaux anthropomorphes, qui proposent différentes configurations familiale : famille recomposée, enfant adopté, différentes formes de fratries, etc.

il s’adresse directement aux tout-petits (tout cartonné, dessin simple…). Edité en 2004, avant que ce sujet soit mis sur le devant de la scène par le mariage pour tous, il affirme l’homoparentalité dès le titre. De plus, il est publié à l’école des loisirs, le plus gros éditeur de littérature jeunesse et non par un éditeur militant et bénéficie donc d’une distribution plus large. Il a donc a le mérite d’exister. Comme il aborde le sujet très frontalement dès le titre, ce livre est très identifié, à la fois par des personnes qui s’intéressent au sujet et par les réacs (quand ce livre a été publié, des associations catholiques ont porté plainte, et il a été par la suite l’objet d’attaques de la manif pour tous). Il était d’ailleurs connu par plusieurs des professionnelles et présent dans plusieurs crèches. Une auxiliaire expliquait qu’elles l’avaient beaucoup lu car un enfant de la crèche avait deux mères et que « ça permet d’en parler ». Elle évoque des parents choqués qu’on mette ce livre à disposition (« on leur a répondu que c’était la réalité, que ça existait et qu’on vit tous ensemble »). Dans d’autres cas, ce sont des professionnelles qui avaient beaucoup de mal à le lire, qui le cachaient.

Un enfant raconte de façon factuelle sa vie quotidienne avec ses deux mamans, les activités de chacune et ses jeux d’enfants.

Cependant, le dessin et le texte se révèlent sans grand intérêt. Et surtout, il reproduit des stéréotypes courants dans le couple hétérosexuel. Ainsi, la mère qui a porté l’enfant se retrouve cantonnée aux activités traditionnellement féminines (cuisine, couture, consoler l’enfant…) et porte un tablier alors que l’autre mère se retrouve liée aux activités traditionnellement masculines (bricolage, chahut, etc). On y trouve donc une vision très hétérosexuelle (et très stéréotypée) d’un couple homosexuel. Loin de s’opposer aux clichés, il les reproduit.

 

 

L’heure des parents de Christian Bruel et Nicole Claveloux (Thierry Magnier, 2013. 1e édition : Etre, 1999) n’aborde pas spécifiquement l’homoparentalité, mais présente toutes sortes de familles.

heure des parents

Ce livre a un parcours éditorial différent du précédent. Si cet album peut être lu dès la crèche, il ne s’adresse pas spécifiquement aux tout-petits puisqu’on est ici à la sortie de l’école, que c’est un livre papier, et qu’il peut aussi être proposé à des enfants un peu plus grands. Il a été publié pour la première fois en 1999 chez Etre, une petite maison d’édition militante. Christian Bruel, à la fois auteur et éditeur, cherche toujours à lutter contre les stéréotypes. Le livre a ensuite été réédité en 2013 par Thierry Magnier (avec d’autres livres de cet auteur dont l »histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, pour des enfants un peu plus grands, dont j’ai parlé ici).

Le personnage du livre, Camille, n’est pas genré. On est ici dans le contexte du rêve, puisque l’enfant s’endort à la première page et qu’on retrouve à la dernière page, où il est avec ses parents, des éléments concret qu’il a mêlé à ses rêves (les gâteaux, la bouée, etc). Sur chaque double page, Camille va s’imaginer dans une nouvelle famille et tous types de familles vont être abordées : familles homoparentales, adoptives, recomposées, monoparentales… Mais aussi tous types de parents, différents les uns des autres par leurs hobbies, leurs métiers, leurs façons d’être parent.

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Toutes ces familles sont toutes mises sur le même plan. Et surtout, elles sont toutes présentées de façon positive, dans des situations de jeu, de câlin, d’affection.

Ce livre nous semble donc beaucoup plus riche que le précédent, par la présence du rêve et les liens avec la réalité quotidienne de Camille, par une vraie remise en cause des stéréotypes et par une illustration plus riche.

 

Une auxiliaire est gênée qu’on propose, sur ces sujets là, trop souvent des livres avec des animaux, que cela manque de représentations “réalistes” d’êtres humains. Une collègue souligne que l’anthropomorphisme (le fait de présenter des animaux qui se conduisent comme des humains, qui parlent, sont habillés, etc) permet à l’enfant de s’identifier mais aussi de prendre de la distance avec ce qui se passe dans le livre, plus facilement que quand les personnages sont humains. Ainsi, dans l’heure des parents, cela correspond à une volonté que le message ne soit pas trop appuyé, que l’enfant ait le choix de s’identifier ou non. Elle défend donc l’importance de la diversité des représentations, entre anthropomorphisme et personnages humains. D’autres livres de la sélection proposent des personnages humains très réalistes.

 

La suite de cette matinée de présentation concernait d’autres formes de diversité (humaine, culturelle) qui ne sont pas les sujets directs de ce blog. La suite du compte-rendu sera donc publié dans quelques jours sur mon autre blog sur lequel je parle plus largement de littérature jeunesse, la licorne et ses bouquins.

Les liens du moment (7 juillet 2015)

Mise en cause de l’édition genrée et des livres stéréotypés

Peu après mon article sur la presse pour petites filles, Sophie Gourion a aussi dénoncé cette presse stéréotypée en mettant l’accent sur un autre aspect : les cadeaux offerts avec certains magazines. Et pour éviter cela, elle propose une liste de magazines « garantis 0% de paillette ».

Vous avez peut être entendu parler des cahiers de vacances genrés de chez Magnard, qui propose non seulement des cahiers « spécial fille » et « spécial garçon » mais qui en plus propose des cartes simplistes pour les filles, beaucoup plus riches pour les garçons. C’est le blog « Activités à la maison » qui l’a découvert et dénoncé au mois de mai (ce qui lui a malheureusement valu des centaines de réactions haineuses). L’info a circulé, a été reprise par Actualitté, par Sophie Gourion, etc. Une pétition a été mise en place et Magnard a annoncé que ces cahiers seraient refaits (sans préciser si les nouveaux seront non genrés…).

Je me disperse se demande si le père Castor est un vieux con réac, et a tendance a répondre oui quand on voit la répartition des tâches entre les pères et les mères !

De chouettes livres antisexistes

Un article de Poulet rotique qui présente des ressources féministes pour les jeunes filles (intéressantes aussi pour les jeunes hommes et les adultes).

Dans la lancée de son article contre les cahiers de vacances, Activités à la maison a présenté trois albums des éditions Talents Hauts, Dînette dans le tractopelle de Christos et Mélanie Grandgirard et la déclaration des droits des garçons et la déclaration des droits des filles d’Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol.

Madmoizelle présente 5 albums antisexistes pour les garçons (à lire aux filles aussi).

Une chronique de la mare aux mots sur l’homosexualité et l’homoparentalité.

Les attaques des anti-genres contre les livres jeunesse

Cette fois, c’est le maire de Venise qui se distingue par sa bêtise. Il fait retirer des écoles 49 livressélectionnés par l’équipe précédente pour lutter contre les stéréotypes. Parmi ces livres, plusieurs albums sur l’homoparentalité, particulièrement visée (Jean a deux mamans,  Avec Tango nous voilà trois) mais aussi Petit bleu et Petit JauneErnest est malade ou la petite casserole d’Anatole. Plusieurs bibliothèques et associations ont donc lancé un marathon de lecture contre la censure. On en parle ici et et Lu cie & co donne la liste des livres concernés ici.

Les actions des bibliothèques

Une interview de Sylvie Tomolillo, directrice du Point G, le centre de ressources sur le genre de la bibliothèque municipale de Lyon. Au passage, Point G propose des ressources en ligne que j’ai présentées ici.

Lors du dernier congrès de l’ABF, le groupe Légothèque a organisé une « bibliothèque vivante » (où l’on « emprunte » des personnes ressources sur un sujet) sur les questions de genre et une rencontre autour du pluralisme des collections.

Des ressources pour une éducation non genrée 

Un super dossier de Phypa sur les vendredis intellos : « une éducation antisexiste, pourquoi ? Comment ? » avec de nombreuses ressources. A lire, vraiment.

Un article d’égalimère sur l’importance de lutter contre les stéréotypes filles/garçons dès la petite enfance et les moyens de le faire.

Un article de 2014 sur les hommes qui travaillent en crèche, « entre invisibilité sociale et surexposition professionnelle ».

D’autres ressources féministes

Elles ne concernent pas forcément directement l’éducation ou la littérature jeunesse, mais j’ai trouvé ces ressources intéressantes…

Hen, pronom suédois qui désigne indifféremment un homme ou une femme.

Avorter en 1976, un article de Mme Déjantée sur les vendredis intellos.

Deux blogs découverts récemments :

Poulet rotique, déjà cité plus haut, qui parle de sexe, de féminisme. « Résolument engagé – féministe ascendant sex-positive – il entend faire savoir à ses lectrices/eurs qu’ils/elles ont tout à gagner à envoyer le patriarcat dans les roses. »

Comment peut-on être féministe ?, par la même auteure qu’a contrario, qui s’adresse aux femmes et qui cherche, entre autres, à évoquer « la difficulté à se déconditionner du réflexe d’auto-sabotage (réflexe que l’on nous a inculqué dès la petite enfance) qui nous pousse souvent, nous les femmes, à ne pas reconnaître nos propres compétences, à nous dénigrer, à douter de nous-mêmes, et du formatage social », « la difficulté à surmonter (…) le fait que les hommes soient plus écoutés », « l’importance de la libération de la parole », « la question de la solidarité entre femmes »… Je suis loin d’être d’accord avec tout, mais à mon avis c’est à lire pour s’interroger sur notre façon d’être féministe et nos difficultés.

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver ces liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter !

Les liens de la semaine (18 août 2014)

En fait, ça fait bien plus qu’une semaine que je n’ai pas posté ici. Je profite de mes vacances. Mais j’ai quand même trouvé pas mal d’articles intéressants…

Une sélection d’albums sur des princesses pas niaises par Boumabib.

Une sélection d’albums en anglais antisexistes et LGTBQ-friendly pour les enfants de 0 à 5 ans via @sympl.

La mise en place d’une sélection d’albums antisexistes et présentant des couples et des parents homosexuels dans les écoles au Quebec.

Une présentation du dernier « Petit Poilu » (BD sans texte pour tout-petits) sur twitter par @2vanssay.

Un article d’Actualitté sur les romans de chevaux pour filles qui me fait penser à cet extrait :

L’ édition genrée pose un autre problème : le côté un peu arbitraire de certains domaines : tu es un garçon et tu aimes le cheval ? (…) va falloir t’accrocher mon ptit gars ! Détail marrant, l’équitation qui était réservée aux hommes jusqu’au XIXeme siècle, est devenue un sport en grande partie féminin au début du XXeme, (et certains prétendront que c’est dans la nature)… Mais maintenant c’est pour les petites filles, alors toi le mâle, passe ton chemin.

(extrait de l’article de l’inconvénient d’être féministe en librairie jeunesse).

Et même si ça concerne moins directement la littérature jeunesse, des références intéressantes sur le genre :

– une sélection commentée de ressources sur la notion de genre, publiée à l’intention des enseignants mais intéressante pour tous, et qui donne aussi bien des liens vers des livres et des textes que vers des vidéos et des extraits d’émissions de radio

– une analyse de la place de la droite et de l’extrême droite française dans la controverse sur le genre par Anne-Charlotte Husson.

 

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! Bonne lecture.

Les ressources de la bibliothèque municipale de Lyon

Grâce à la réponse du guichet du savoir à Picsou magazine dont je donnais le lien hier, j’ai découvert que la bibliothèque municipale de Lyon donnait de nombreuses ressources pour une littérature jeunesse non sexiste. En particulier grâce au point G. C’est un « centre de ressources sur le genre, identités, sexualité, mémoire gay et lesbienne » qui « a pour objectif de rassembler un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle ». Il propose de nombreuses bibliographies dont :

Même si cela concerne moins directement notre sujet, Point G propose d’autres bibliographies concernent l’orientation sexuelle, l’homosexualité, l’homophobie, l’homoparentalité. Celle destinée à la jeunesse est ici et on y trouve la référence d’un mémoire de Thomas Chaimbault, l’homosexualité dans la littérature de jeunesse (2002). 

Le guichet du savoir a également publié une réponse qui donne des pistes de recherche sur l’image de la femme dans la littérature jeunesse. On y trouve de nombreuses références déjà présentes sur la page Analyse des représentations genrées, comme Filles d’Albums de Nelly-Chabrol Gagne ou la thèse d’Hélène Montardre, mais aussi de nombreux titres que je découvre :

– Isabelle Smadja, le temps des filles (PUF, 2004) qui « analyse trois romans destinés à la jeunesse : À la croisée des mondes de P. Pullmann, L’élue et Le passeur de Loïs Lowry, dans lesquels les femmes et la féminité sont mises en avant, non pas dans la fonction de mère, mais plutôt dans celle d’héroïne, de sauveur et de protectrice des valeurs » et qui est présenté ici.

– Joëlle Nouhet-Roseman, Les mangas pour jeunes filles, figures du sexuel à l’adolescence2011. 

 – Bérangère Bitsch, La littérature de jeunesse : la place de la femme dans la littérature de jeunesse (mémoire de master, 2010).

– Christian Chelebourg avec la collaboration de Danièle André et Danièle Henky, Représenter la jeunesse pour elle-même, 2010 (On y trouve une analyse des représentations de la jeunesse dans la littérature qui lui est adressée : la sexualité et le genre dans la littérature pour la jeunesse  :survie des stéréotypes, « hypersexualisation » des adolescents, la fratrie dans l’adaptation cinématographique du roman de Christophe Honoré, « Tout contre Léo ») 

– Anne-Bénédicte Damon, Représentation des femmes et des jeunes filles pendant la Seconde Guerre mondiale dans la littérature de jeunesse de langue anglaise (1940-2005)  (thèse, 2008)

– Elisabeth Rezbanyay, Les modèles féminins dans les romans pour filles de l’Amérique victorienne (thèse, 2008)

– Daniela Di Cecco, Entre femmes et jeunes filles : le roman pour adolescentes en France et au Québec2000.

– Catherine Chamboux-Hales,  Petites filles et femmes dans la littérature de jeunesse en France (1978-1981) (thèse, 1997).

Ces références rejoignent les pages Analyse des représentations genrées et Bibliographies.

 

On trouve enfin un article de Point d’actu de 2008 intitulé Cerveau masculin / cerveau féminin qui fait le point sur l’état des recherches sur le cerveau et l’influence du sexe et du genre sur celui-ci, avec de nombreuses références.

Bonne lecture !

« littérature de jeunesse pour l’égalité » et « éduquer contre l’homophobie » par le SNUIPP

Une nouvelle bibliographie vient de rejoindre ma liste.

Il s’agit d’une sélection d’ouvrages concernant l’égalité homme/femmes et la lutte contre l’homophobie et l’acceptation des familles homoparentales. Elle réunit des ouvrages de fiction, albums pour les petits, romans pour les plus grands et les ados et un peu de poésie, de théâtre et de BD. La plupart des titres s’accompagnent d’un résumé et d’une recommandation d’âge. On y trouve en particulier les titres des éditions de femmes d’Adela Turin et Nella Bosnia réédités chez Actes Sud, des premiers romans de Thierry Lenain, des albums de Christian Bruel…

Elle a été créée par le SNUIPP, Syndicat National Unitaire des Instituteurs et des Professeurs des écoles et des PEGC. Elle est donc destinée à des enseignants et regroupe les documents par niveau scolaire (pour les petits / CM2-6e / Second degré).

Vous pouvez découvrir la première partie ici et la seconde partie .

 

éduquer contre l'homophobie SNUIPP

Le SNUIPP a aussi publié, en mai 2013, un numéro spécial de sa revue « Fenêtre sur cours » intitulé « éduquer contre l’homophobie« .

Comment est-il possible que l’insulte « pédé » soit la plus fréquente des cours de récréation et que, la plupart du temps, les enseignants n’en parlent pas ? De là est né le projet de s’intéresser à ce que font déjà les enseignantes et les enseignants, les équipes d’école, et de proposer des outils spécifiques, comme cela se fait en Belgique, au Pays-Bas ou au Canada. Les expérimentations prennent souvent comme point de départ des ouvrages de littérature jeunesse. Elles montrent que parler de sujets difficiles n’est pas un problème pour les élèves, même très jeunes, mais peut l’être pour les adultes. Les réticences, la crainte de réactions de parents et d’un manque de soutien de la hiérarchie, la conviction de ne pas savoir faire, empêchent les enseignantes et les enseignants de consacrer un temps suffisant au débat, aux représentations diverses des uns et des autres. Car il ne s’agit pas de « prosélytisme » ni d’imposer une parole du maître qui dirait ce qui est bien (ce qui est néanmoins nécessaire dans le cadre des rappels à la loi) ; au contraire il est question d’apprendre aux élèves à interroger ce qu’ils pensent et à le confronter aux autres, à entendre que d’autres ont des idées différentes, à apprendre à penser par eux-mêmes.

Ce dossier très intéressant présente des projets menés dans des classes, le plus souvent autour d’albums jeunesse, mais aussi des ressources (livres, films d’animation) et des entretiens avec des auteurs, des associatifs, des éditeurs…

Il apporte en particulier des outils et des réflexions autour des familles homoparentales, des relations amoureuses, des réponses à apporter aux insultes homophobes, le lien avec la déconstruction des stéréotypes genrés…

On y trouve des entretiens avec :

– Dominique Richard, auteur du journal d’une grosse patate

– Béatrice Boutignon, auteure de Tango a deux papas et Une histoire de familles

– Jean-Christophe Mazurie, auteur de Philomène m’aime

– les éditrices de Talents Hauts.

J’aime particulièrement les compte-rendus d’expériences menées dans les classes, montrant l’ouverture des enfants et la richesse des échanges permis par des livres.