éducation

Les liens du moment (4 janvier 2017)

Oups, ça fait 9 mois que je ne suis pas venue ici… Pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque. C’est le temps. Les quelques mois qui viennent de s’écouler n’ont pas été de tout repos et j’ai été occupée par d’autres projets et par mes enfants. Je ne perds cependant pas espoir de réussir à reposter régulièrement ici ! Je reprends avec une petite revue de presse/de blogs. Je vous donne ainsi de la lecture ailleurs à défaut d’en proposer suffisamment ici !

Littérature jeunesse

Un nouveau blog très chouette, les livres de Mumu. La maman de Muriel, petite fille métisse, « cherche continuellement une littérature jeunesse plus diversifiée et débarrassée des clichés de genre. Je pense que nos enfants méritent des livres, des films, des produits culturels dédiés plus riches et plus proches des réalités d’aujourd’hui et de ce qu’ils vivent. » Elle est également active sur twitter.

Le placard sous l’escalier ou PlacardProject est un séminaire organisé par des étudiants de l’ENS : « Genres, sexualités et identités queer dans les productions culturelles pour la jeunesse (1945-2015) ». Deux séances sont encore à venir. On trouve un blog, un compte twitter et une page facebook. Il y a un LT de chaque séance sur twitter et des enregistrements des séances devraient être bientôt disponibles. J’ai pu assister pour le moment à deux séances et je n’ai pas été complètement convaincue, sans doute parce que mon point de vue était trop différent de celui des intervenants, étudiants ou chercheurs mais pas professionnels du livre.

Seize livres pour combattre les stéréotypes dans les contes de fées, où l’on découvre que Madame Figaro peut faire une belle sélection de livres antisexistes.

Une analyse de la répartition fille/garçon dans le magazine « les belles histoires » qui souligne la sur-représentation des garçons et qui est l’occasion d’une réflexion plus globale très intéressante sur la représentation dans la littérature jeunesse.

Un « guide à l’usage des auteurs qui écrivent des livres sexistes (mais qui ne le font pas exprès) » qui souligne les « pièges » dans lesquels les auteurs tombent trop souvent (« Vos personnages féminins sont décrits avant tout par leurs attributs physiques »,  » Vous avez le syndrome de la Shtroumpfette »). S’il ne parle pas spécifiquement de littérature jeunesse, les conseils et analyses marchent aussi pour ce secteur !

Vous voulez découvrir des femmes qui ont contribué à changer le monde ? Allez voir ces femmes incroyables qui ont changé le monde de Kate Pankhurst (pour les petits) ou l’ABCD…Z des héroïnes de Marylin Degrenne et Florette Benoit (pour les plus grands).

Sur le bog des Vendredis Intellos, Philippe Aim dénonce le sexisme d’un extrait de  documentaire récemment paru à l’école des loisirs, Le mystère de la vie de Jan Paul Schutten et Floor Rieder. Suite à cet article, une analyse de l’ensemble du livre a été publié sur le blog LU cie & co.

Anne GE propose sur son blog Women and fiction un article passionnant consacré à l’étiquette « féminine » en littérature : lectures de filles, écriture de filles. « Les lectures féminines ne doivent donc être appréhendées uniquement à partir de raisonnements de type « les filles préfèrent [tels livres]… » mais comme des pratiques culturelles complexes; du point de vue, certes, de leur contenu formel et thématique, mais surtout du point de vue de leur intégration à l’économie du livre (leur marketing) et à des pratiques culturelles socialement construites. »  De manière générale, je vous recommande vivement ce blog, qui s’intéresse aux liens entre genre et expérience de lecture.

Cité dans l’article précédent, une étude de Christine Détrez et Fanny Renard : « Avoir bon genre ? : les lectures à l’adolescence sur les pratiques de lecture des adolescents selon leur genre.  Ainsi que, de Christine Détrez et Mohamed Dendani, « lectures de filles, lectures de garçons en classe de troisième« .

Filles d’album, les représentations du féminin, une conférence de Nelly Chabrol-Gagne au salon du livre jeunesse de Namur en 2011 :

Je rappelle au passage que c’est également le titre d’un livre qu’elle a publié à l’atelier du poisson soluble et que c’est ce livre qui a donné son nom à mon blog.

 

Education, genre et féminisme

Je n’ai même pas pris le temps de vous parler ici de mon nouveau projet ! Voilà Maternités Féministes et @MereFeministe, le blog et le compte twitter d’un groupe de mères féministes dont je fais partie qui réfléchit à la maternité et à l’éducation d’un point de vue féministe, mais surtout d’un point de vue très concret, sur la manière de faire au quotidien, nos réussites mais aussi nos difficultés ou nos échecs. Pour en savoir plus, allez lire ce très beau texte, le manifeste du projet.

 

J’espère revenir très vite ! En attendant, n’hésitez pas à fureter dans la page Analyse des représentations genrées ou à me suivre sur twitter où je suis beaucoup plus active !

Les liens du moment (4 avril 2016)

Litterature jeunesse

Une super sélection par Kaleidoscope Quebec de livres jeunesse pour un monde égalitaire. Cette sélection, qui a pour sous-titre « Osez un monde inclusif où chaque enfant peut être lui-même » comporte les catégories suivantes : égalité des sexes, affirmation de soi, diversité corporelle, diversité culturelle, diversité familiale, diversité fonctionnelle (aborde la notion de handicap), diversité de sexe et de genre, société. Elle rejoint ma liste de bibliographies.

Construire son identité de garçon : les représentations de la masculinité dans la littérature de jeunesse par Anne-Marie Dionne.

Des histoires de princesses (qui ont autre chose à faire que d’attendre le Prince charmant) chez Une femme et des livres (en attendant la suite de ma série sur les princesses, à laquelle je me remets dès que je trouve un peu de temps pour le faire).

Des livres pour enfants sur l’identité de genre, la transidentité : un article de Bob et Jean-Michel à propos de deux livres publiés au Rouergue et une vidéo de Princesse, la chaîne d’un autre genre.

Actualitté présente la maison d’édition Goater qui propose des livres contre les stéréotypes. 

Je vous ai déjà parlé des Culottées de Peneloppe Bagieu, j’ai particulièrement apprécié le portrait de Tove Jansson, créatrice des Moumines, d’autant plus, que, pleine de stéréotypes moi-mêmes, j’étais jusque là persuadée que c’était un homme.

Un article de la Nébuleuse sur le chouette Riposte de Jessie Magana.

Les livres jeunesse qui me font de l’oeil :

Elisabeth Brami et Estelle-Billon Spagnol publient chez Talents Hauts la déclaration des droits des mamans et la déclaration des droits des papas.

Je suis une fille de Tasmeen Ismail (éditions Milan, 2015) :

je suis une fille

 

Ca ne concerne pas spécifiquement la jeunesse, mais l’édition en général, un article de Diglee sur la grossophobie et le problème du modèle unique dans le monde de l’image.

 

Education et genre

La blogueuse féministe Olympe prépare un web documentaire pour décrypter comment les enfants apprennent à se comporter selon leur genre, de la conception jusqu’au choix d’un métier, intitulé l’école du genre. Le documentaire n’est pas encore en ligne, mais on peut déjà suivre sa page Facebook et en découvrir des extraits.

Stereotips, un blog de mamans féministes contre les stéréotypes de genre et les clichés sexistes.

Que se passe-t-il quand on demande à des enfants de dessiner quelqu’un qui serait pompier, chirurgien, ou pilote de l’armée ? Ils imaginent des hommes dans plus de 90% des cas.

Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur, les statistiques 2016 de l’éducation nationale qui « renseigne sur la réussite comparée des filles et des garçons depuis l’école jusqu’à l’entrée dans la vie active. Elle met en évidence des différences selon les sexes en matière de parcours et de réussite des jeunes, de choix d’orientation et de poursuite d’études entre filles et garçons, qui auront des incidences ultérieures sur l’insertion dans l’emploi ainsi que sur les inégalités professionnelles et salariales entre les femmes et les hommes. »

Un Mooc pour se former à l’égalité femmes/hommes (merci Carpediem)

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver des liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter. 

Ni poupées ni super-héros !

Aujourd’hui, je vais vous parler de rien de moins que d’un « premier manifeste antisexiste ». C’est le sous-titre de Ni poupées ni super-héros ! de Delphine Beauvois et Claire Cantais édité par la ville brûle (2015).

ni poupée ni super héros

« Les filles… les garçons… c’est comme ça… et pas autrement !

Non mais ça va pas la tête !? »

Cet album dit donc non aux clichés et va déconstruire les stéréotypes qu’on impose aux petites filles ou aux petits garçons. Ici, pas de narration, mais des enfants qui parlent à la première personne et qui affirment qu’ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent, d’aimer ce qu’ils veulent, de vivre comme ils le souhaitent !

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De nombreux stéréotypes sont abordés : les jeux et activités « de filles » ou « de garçons », l’idée que les garçons ont le droit d’être sensibles et d’exprimer leurs sentiments, que les filles peuvent être aventurières, que chacun doit avoir le même espace pour s’exprimer, que les filles ne doivent pas être jugées sur leur physique, etc.

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Un livre qui est donc très complet et surtout ouvre la porte à de nombreuses discussions, à des échanges entre parents et enfants mais aussi entre enfants, comme Chlop le raconte ici.

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Et puis il y a les magnifiques collages de Claire Cantais : aplats de couleurs, motifs, et les yeux, nez et bouches d’enfants réels qui complètent les visages. Enfants de différentes couleurs de peau, ce qui n’est pas un détail !

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Ce qui m’a plu, aussi,ce sont les références féministes qu’on y trouve : portraits de Rosie la  riveteuse, de Simone de Beauvoir, de Louise Michel ou d’Angela Davis, slogans et symboles féministes… Même si les enfants n’auront bien sûr toutes les références, certaines sont explicités en fin d’ouvrage, dans une page « documentaire » et j’aime le principe d’intégrer l’objectif d’une éducation antisexiste dans le combat féministe passé, puisqu’il en découle logiquement.

Delphine Beauvois et Claire Cantais avaient d’abord publié, en 2013, on n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe. J’avais adoré la couverture et l’emploi assumé du mot féministe, qu’on trouve rarement en littérature jeunesse, même dans les livres qui abordent les stéréotypes de genre. Puis l’année suivante, elles ont publié on n’est pas des super héros, mon premier manifeste antisexiste. Le premier portait donc sur les stéréotypes pesant sur les filles, e second sur les stéréotypes pesant sur les garçons (et non pas le premier s’adressant aux filles, le second aux garçons).

Les contenus des deux ouvrages ont été mêlés dans cette nouvelle édition et à mes yeux c’est une réussite.

L’auteure, l’illustratrice et l’éditrice ont répondu à une interview expliquant ce projet sur le blog la Mare aux Mots et c’est passionnant. Vous pouvez aussi retrouver des articles sur ces livres chez Chlop, sur la Mare aux mots (on n’est pas des poupées et on n’est pas des super-héros), dans le tiroir à histoires, dans la soupe de l’espace

Ces trois albums ont lancé la collection « jamais trop tôt » des éditions La Ville Brûle, qui publie essentiellement des essais pour adultes. Dans la continuité de leur ligne éditoriale, ils ont fait le choix de ne pas raconter d’histoires mais de publier « des albums-manifestes qui ne tournent pas autour du pot pour dire qui l’on est, pour dire ce que l’on veut (et ce que l’on ne veut pas), pour le dire haut et fort, sans clichés ni périphrases mais avec beaucoup de fantaisie ».  Je présente aujourd’hui un autre de leurs livres sur le blog des vendredis intellos, on n’est pas si différents ! qui parle du handicap. Et leur dernier album, On n’est pas des moutons, insiste sur l’importance de penser par soi-même, d’être unique.

Inspirée par Ni poupées, ni super-héros, Claire Cantais a créé un cahier d’activité, mon super cahier d’activités antisexistes.

super cahier d'activités antisexistes

On y trouve des labyrinthes, des dessins, des collages, un jeu de l’oie, des histoires à créer, des masques…

Un cahier très riche, donc, et surtout très beau puisqu’on retrouve les illustrations de Claire Cantais, que le papier est épais, que les activités sont variées… Mais il nécessite parfois d’être accompagné par un adulte, puisque certains textes sont ouvertement là pour ouvrir un échange.

Et on termine avec un slogan féministe que j’aime beaucoup :

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Alors, vous avez trouvé ?

Chambre rose pour les filles, bleue pour les garçons (Vive les stéréotypes, 17)

Ca faisait un moment que je n’avais pas publié dans cette catégorie, mais ça me fait du bien, parfois, de partager mes énervements avec vous. Y’a pas de raison que je sois la seule à me mettre en colère !

Aujourd’hui, donc, la chambre de la fille de Perceval Barrier & Mathieu Sylvander (Ecole des loisirs, 2015).

chambre de la fille

Madame Souris a décidé qu’elle aurait 2 enfants, une fille et un garçon. Elle a aménagé deux chambres en conséquence, une bleue pour le garçon et une rose pour la fille, hein, histoire de bien enfoncer le clou des stéréotypes.

Mais quand arrive un deuxième fils…

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Et on va enfoncer le clou des clichés jusqu’au bout. Monsieur qui fait du bricolage dans la chambre bleue des garçons qui jouent au ballon…

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…pendant que Madame pleurniche dans une chambre de fille forcément rose avec des poupées et des fleurs. IMG_2533

Je pense que je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi une telle prolifération de stéréotypes m’exaspère.

Pour finir, Madame Souris finit par avoir sa fille même si ce n’est pas exactement la petite fille qu’elle attendait. Et tout est bien qui finit bien la fille dans la chambre rose pour fille et les garçons dans la chambre bleue pour garçon, histoire de ne surtout bousculer aucun cliché.

Quand au message « il faut forcément avoir des enfants des deux sexes pour être heureux », il m’agace profondément.

Je suis d’autant plus déçue que j’avais beaucoup aimé l’humour grinçant de ces deux auteurs dans leur précédent livre, trois contes cruels.

Les liens du moment (7 juillet 2015)

Mise en cause de l’édition genrée et des livres stéréotypés

Peu après mon article sur la presse pour petites filles, Sophie Gourion a aussi dénoncé cette presse stéréotypée en mettant l’accent sur un autre aspect : les cadeaux offerts avec certains magazines. Et pour éviter cela, elle propose une liste de magazines « garantis 0% de paillette ».

Vous avez peut être entendu parler des cahiers de vacances genrés de chez Magnard, qui propose non seulement des cahiers « spécial fille » et « spécial garçon » mais qui en plus propose des cartes simplistes pour les filles, beaucoup plus riches pour les garçons. C’est le blog « Activités à la maison » qui l’a découvert et dénoncé au mois de mai (ce qui lui a malheureusement valu des centaines de réactions haineuses). L’info a circulé, a été reprise par Actualitté, par Sophie Gourion, etc. Une pétition a été mise en place et Magnard a annoncé que ces cahiers seraient refaits (sans préciser si les nouveaux seront non genrés…).

Je me disperse se demande si le père Castor est un vieux con réac, et a tendance a répondre oui quand on voit la répartition des tâches entre les pères et les mères !

De chouettes livres antisexistes

Un article de Poulet rotique qui présente des ressources féministes pour les jeunes filles (intéressantes aussi pour les jeunes hommes et les adultes).

Dans la lancée de son article contre les cahiers de vacances, Activités à la maison a présenté trois albums des éditions Talents Hauts, Dînette dans le tractopelle de Christos et Mélanie Grandgirard et la déclaration des droits des garçons et la déclaration des droits des filles d’Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol.

Madmoizelle présente 5 albums antisexistes pour les garçons (à lire aux filles aussi).

Une chronique de la mare aux mots sur l’homosexualité et l’homoparentalité.

Les attaques des anti-genres contre les livres jeunesse

Cette fois, c’est le maire de Venise qui se distingue par sa bêtise. Il fait retirer des écoles 49 livressélectionnés par l’équipe précédente pour lutter contre les stéréotypes. Parmi ces livres, plusieurs albums sur l’homoparentalité, particulièrement visée (Jean a deux mamans,  Avec Tango nous voilà trois) mais aussi Petit bleu et Petit JauneErnest est malade ou la petite casserole d’Anatole. Plusieurs bibliothèques et associations ont donc lancé un marathon de lecture contre la censure. On en parle ici et et Lu cie & co donne la liste des livres concernés ici.

Les actions des bibliothèques

Une interview de Sylvie Tomolillo, directrice du Point G, le centre de ressources sur le genre de la bibliothèque municipale de Lyon. Au passage, Point G propose des ressources en ligne que j’ai présentées ici.

Lors du dernier congrès de l’ABF, le groupe Légothèque a organisé une « bibliothèque vivante » (où l’on « emprunte » des personnes ressources sur un sujet) sur les questions de genre et une rencontre autour du pluralisme des collections.

Des ressources pour une éducation non genrée 

Un super dossier de Phypa sur les vendredis intellos : « une éducation antisexiste, pourquoi ? Comment ? » avec de nombreuses ressources. A lire, vraiment.

Un article d’égalimère sur l’importance de lutter contre les stéréotypes filles/garçons dès la petite enfance et les moyens de le faire.

Un article de 2014 sur les hommes qui travaillent en crèche, « entre invisibilité sociale et surexposition professionnelle ».

D’autres ressources féministes

Elles ne concernent pas forcément directement l’éducation ou la littérature jeunesse, mais j’ai trouvé ces ressources intéressantes…

Hen, pronom suédois qui désigne indifféremment un homme ou une femme.

Avorter en 1976, un article de Mme Déjantée sur les vendredis intellos.

Deux blogs découverts récemments :

Poulet rotique, déjà cité plus haut, qui parle de sexe, de féminisme. « Résolument engagé – féministe ascendant sex-positive – il entend faire savoir à ses lectrices/eurs qu’ils/elles ont tout à gagner à envoyer le patriarcat dans les roses. »

Comment peut-on être féministe ?, par la même auteure qu’a contrario, qui s’adresse aux femmes et qui cherche, entre autres, à évoquer « la difficulté à se déconditionner du réflexe d’auto-sabotage (réflexe que l’on nous a inculqué dès la petite enfance) qui nous pousse souvent, nous les femmes, à ne pas reconnaître nos propres compétences, à nous dénigrer, à douter de nous-mêmes, et du formatage social », « la difficulté à surmonter (…) le fait que les hommes soient plus écoutés », « l’importance de la libération de la parole », « la question de la solidarité entre femmes »… Je suis loin d’être d’accord avec tout, mais à mon avis c’est à lire pour s’interroger sur notre façon d’être féministe et nos difficultés.

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver ces liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter !

Les liens du moment (16 avril 2015)

Analyses sur la littérature et la culture jeunesse : 

Capture d’écran 2015-04-07 à 11.52.51Le livret « Féminin/masculin, littérature stéréotypée ? » de la bibliothèque départementale de l’Essonne qui propose des livres adultes sur le genre et les stéréotypes, des ressources d’analyse de la littérature jeunesse et une sélection d’albums jeunesse consacrés à « l’émancipation féminine ».

Le tumblr Mi-kids, mi-raisin qui a pour objectif de « faire un focus, le temps d’un article, sur une thématique ou une œuvre jeunesse (films, animés, livres, bds), d’en analyser les scènes clés, les passages phares et de s’interroger : « Attendez, qu’est-ce qu’ils nous racontent, au juste, là ? » (…) Je chercherai en revanche à en démêler les fils, à en décrypter les messages. » Les articles publiés pour le moment sont essentiellement centrés sur les dessins animés. Vous trouverez une présentation du projet et un entretien avec la créatrice du blog ici.

Cromer Sylvie, « Le masculin n’est pas un sexe : prémices du sujet neutre dans la presse et le théâtre pour enfants », Cahiers du Genre 2/2010 (n° 49) , p. 97-115 : « Comparant une série d’études menées ces dix dernières années sur les représentations sexuées dans les productions culturelles légitimées (littérature, presse et spectacles pour la jeunesse), nous cherchons à comprendre par quel processus s’impose, aux plus jeunes aussi, la prééminence d’un masculin à prétention universelle. Suite aux revendications féministes des années 1970, aux stéréotypes de sexe se substituent des représentations d’un système de genre qui exhausse le masculin avec extension de son territoire tout en marginalisant le féminin. Se façonnent ainsi les prémices du sujet neutre de nombre de théories — les homo economicuspoliticussociologicus, etc. — presque toujours implicitement masculin, contribuant à rendre invisibles les femmes et la réalité de leur exclusion sociale et des inégalités qu’elles subissent. »

« Des livres pour ouvrir les horizons des filles et des garçons« , un fascicule qui rassemble des analyses, des interventions et des récits d’expériences utiles aux enseignants, aux éducateurs, aux animateurs, aux bibliothécaires, aux parents amenés à utiliser ou à proposer des œuvres de littérature de jeunesse.

Du placard aux rayons : visibilité des questions de genre dans les bibliothèques publiques, mémoire de Renan Benyamina, conservateur des bibliothèques, Enssib 2013.

Présentation d’albums antisexistes

Des filles (non mais) dans le cabas de Za : Popy la tornade de Stéphanie Richard (Sarbacane) et j’aime pas la danse de Stéphanie Richard et Gwenaëlle Doumont (Talent Hauts).

Toutes les filles sont des princesses… qui pètent ! nouvelle sélection antisexiste sur le blog La mare aux mots. Rappel : vous trouvez la liste de tous les livres antisexistes publiés sur ce blog ici. On y trouve par exemple Même les princesses pètent d’Ilan Brenman et Magali Le Huche (Glénat) dont parle également le blog de la librairie la soupe de l’espace.

Et enfin, la mite orange nous parle de l’égalité dans les livres.

Rencontres, conférences

Journée Questions de genre en bibliothèque par Média Normandie le 4 mai à Caen. Une présentation par légothèque ici et le programme complet.

Genre, sexisme et homophobie : repère et outils dans l’éducation et la littérature jeunesse, le 12 mai à Lyon : rencontre avec l’éditeur Thierry Magnier, la sociologue Christine Détrez et le professeur de lettres modernes Marc Jean Filaire-Ramos. En partenariat avec l’association Rimbaud.

J’en avais parlé il y a quelques mois, le cycle 2014-2015 du campus Condorcet à Aubervilliers s’intitule « Filles et garçons : Le genre fait-il la différence ? » et propose de nombreuses conférences que l’on peut retrouver ensuite en vidéo. La conférence du 22 juin est consacrée aux « pratiques culturelles des enfants et des adolescents à l’épreuve du genre« , par Marie Buscatto, sociologue, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Divers, féminisme

Quelques liens qui ne concernent pas la littérature jeunesse, mais dont j’avais quand même envie de vous parler…

Un bel article de Jaddo sur les stéréotypes que nous avons tous intégrés, souvent de manière inconsciente, et sur une prise de conscience féministe.

Et parlons un peu d’éducation féministe avec cette série d’articles d’Anne Verjus qui se demande comment éduquer féministement. Elle était invitée récemment à une rencontre par les vendredis intellos dont vous pouvez retrouver le compte-rendu ici : Féminisme, care, modèle du père et King Kong Théorie.

Bonnes lectures ! Et retrouvez les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! J’essaye de revenir rapidement, mais je suis actuellement enceinte de 8 mois et je risque donc de m’absenter quelques temps…

Les liens du moment (14 mars 2015)

Dire qu’à un moment, cette rubrique était hebdomadaire… Mais voyons le bon côté des choses en disant que je peux du coup faire une sélection plus riche…

Mais avant de vous donner des ressources en ligne, si vous voulez parler égalité dans l’éducation en direct, et que vous êtes lyonnais, les Vendredis Intellos organisent un brunch avec Anne Verjus, chercheuse au CNRS autour du thème « la famille doit-elle faire respecter l’égalité ? » le samedi 11 avril de 10h à 12h. Tous les renseignements sont ici.

Des sélections d’albums ou de romans

(à noter : j’ai repris pour cette sélection les titres des articles concernés, mais je déplore qu’ils s’adressent en général aux filles et je trouve tout aussi indispensable de faire découvrir ces livres aux garçons)

Une sélection de livres pour enfants qui bousculent les stéréotypes sur le blog du site Naître et grandir, par Mariouche Famelart

6 livres pour enfants qui mettent KO les stéréotypes sur terrafemina

5 « albums géniaux pour élever des femmes fortes »

Une sélection de romans ados (sur le passage des filles à l’âge adulte) et album jeunesse par Nathalie Riché, qui vaut mieux que son titre (« parlons littérature entre filles »)

12 empowering children’s books to add to little girls’ bookshelves : article en anglais, comme son titre l’indique, mais plusieurs titres ont été traduits en français (albums et romans jeunesse).

En image, la sélection de l’école des loisirs pour la journée internationale des droits des femmes : « albums et de romans mettant en scène des femmes dont les droits sont bafoués et des femmes qui se battent » :

selection 8 mars l'école des loisirs

Les 10 ans de Talents Hauts, maison d’édition qui lutte pour l’égalité des sexes

Une rencontre avec les deux éditrices dans l’émission Les Maternelles. Et des articles publiés à l’occasion de leur anniversaire par deux auteurs, Gael Aymon et Clémentine Beauvais.

Leur dernier album, Le zizi des mots d’Elisabeth Brami et Fred L. montre que songent, dans la langue française, le nom au masculin renvoie à une personne, et le même au féminin à un objet. Il est présenté ici et (et c’est beaucoup plus clair en image).

Des coups de gueule

Contre la représentation des pères dans certains albums jeunesse par Gabriel de La mare aux mots

Contre un énième livre sexiste sur une princesse par une libraire

Coup de gueule de Shannon Hale, auteure jeunesse dont une rencontre scolaire a été réservée aux élèves filles, sous prétexte que certains de ses ouvrages présentent des princesses sur leur couverture ou dans leur titre

Des actions des auteurs, des éditeurs…

L’éditeur de comics Boom ! lance une campagne pour faire exploser les stéréotypes

Des actions en bibliothèques

Désapprendre les stéréotypes en BU pour promouvoir l’égalité à Lille (exposition, guides téléchargeables, bilans des animations…) sur le blog de légothèque

La présentation de l’espace « égalité de genre » à la médiathèque Olympe de Gouges de Strasbourg sur le site de la BPI

« Tous genres bienvenus » : retour sur un festival dédié au genre dans les médiathèques de Wallonie-Bruxelles par légothèque

Des ressources pour aider à l’analyse (éducation, stéréotypes, représentations sexuées)

Publication par le ministère de la culture de Questions de genres, questions de culture dont on trouve la table des matières ici et une présentation par légothèque

Les enregistrements de la journée « qui (dé)fait le genre en éducation? » qui a eu lieu en janvier à l’ENS Lyon

Des activités et des analyses sur les représentations sexuées dans l’audiovisuel (publicités, clips, films) pour les fin de primaire, collégiens et lycéens.

Une étude de la DRESS sur les stéréotypes sur les rôles des hommes et des femmes en 2014. Une partie est consacrée à l’éducation des enfants.

Un rapport de l’OCDE sur l’égalité des sexes dans l’éducation : Aptitudes, comportement et confiance

Recherches et colloques

Colloque sur « Débats de société et littérature jeunesse font-ils bon ménage ? Le 18 juin 2015 à Montreuil avec en particulier une table ronde sur « stéréotypes, préjugés, questions d’éthique, comment ne pas tomber dans les bons sentiments, la simplification, le manichéisme ?

Appel à communication pour un colloque qui aura lieu en novembre 2015 à Bordeaux autour du thème « Mauvaises filles en littérature de jeunesse. Éducation & rééducation »

Bonnes lectures ! Et retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! J’y suis plus régulière qu’ici.

Les liens du moment (15 décembre 2014)

Coucou, je suis toujours vivante ! J’avoue qu’en ce moment, trouver la route du blog est un peu compliqué, entre un nouvel emploi du temps qui me laisse moins de temps libre pour le blog et une vie perso bien trop remplie. Mais j’espère quand même être plus régulière dans les temps à venir, j’ai plein d’idées d’articles en tête, et même déjà quelques uns entamés dans les brouillons.

Commençons avec ce qu’on a pu trouver sur internet comme ressources ces derniers temps.

Je vais commencer par me faire mousser un peu : ce blog fait partie du top 10 des blogs féministes de Marie-France, et j’avoue que j’étais assez fière, surtout en voyant les 9 autres blogs !

 

Mais revenons à nos moutons :

Littérature jeunesse antisexiste, analyse

Une interview de Melanie Decourt, éditrice et cofondatrice des éditions Talents Hauts, sur le blog la mare aux mots. Elle revient sur l’histoire de la maison d’édition, l’évolution de la production éditoriale depuis 10 ans, le public auquel s’adresse les livres…

Le dico des filles de chez Fleurus a encore fait parler de lui cette année… Et Clémentine Beauvais prend un peu de hauteur pour parler du documentaire jeunesse et de « l’impératif de vérité »… qui n’est qu’une illusion : « Evidemment, le livre documentaire pour la jeunesse doit informer, mais l’information, quelle qu’elle soit, n’est évidemment ni neutre ni objective et elle ne peut l’être. Le Dico en est une illustration particulièrement controversée. »

Une interview de Virginie Houadec sur le blog des vendredis intellos qui revient sur le sexisme en littérature jeunesse, et plus particulièrement sur les relations amoureuses modèles de couple et d’amoureux proposés dans les livres à destination des élèves. Celles et ceux qui veulent aller plus loin pourront consulter sa thèse sur le sujet.

Un article du soir qui souligne que les stéréotypes sexistes sont toujours présents en littérature jeunesse et qu’il est difficile de passer une Saint-Nicolas (ou Noël) loin des stéréotypes sexistes.

Un article de metronews sur l’ouverture de la littérature jeunesse a la famille non traditionnelle avec une sélection de livres.

 

Albums antisexistes

Un article de Lu cie & co sur l’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel et Anne Bozellec dont j’ai parlé ici.

Après « on n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe« , voilà « on n’est pas des super héros, mon premier manifeste antisexiste » de Delphine Beauvois et Claire Cantais chez la ville brûle. On en parle dans le tiroir à histoires et la mare aux mots (même si je ne suis pas d’accord avec Gabriel sur le mot « antisexiste » à la place du mot « féministe »).

 

Education des filles et des garçons, marketing genré

Un entretien la documentariste Cécile Denjean au moment de la diffusion de son documentaire “Princesses, pop stars et girl power”, qui réfléchit « sur ce qui fonde, construit et contraint la féminité ».

Un article sur la « fabrique des garçons« , ou comment les transgressions et les difficultés scolaires des garçons « sont, le plus souvent et quelque soit leur milieu social d’origine, des conduites liées à la construction même de leur identité masculine ». Crêpe Georgette a résumé le livre de Sylvie Ayral ici.

Une présentation du nouveau plan pour l’égalité à l’école : le nouveau site est ici et Rue89 l’a comparé avec le site des ABCD de l’égalité.

Des idées d’instits pour enseigner l’égalité filles/garçons à l’école.

 

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! J’y suis plus régulière qu’ici en ce moment. Et bonne lecture.

Les liens de la semaine (6 juillet 2014)

Cette semaine, j’ai fait un article consacré aux ABCD de l’égalité en réunissant les nombreux liens sur le sujet.

A part ça, un article sur Poka et Mine, le football de Kitty Crowther dont je parlais moi aussi il y a peu.

Madame Sioux parle sur son blog d’éducation non genrée et participe à une émission de radio sur le sujet où elle pousse un coup de gueule contre la collection Petit garçon / Petite fille chez Fleurus et parle du super livre Contre les jouets sexistes.

Un article sur le sexe et le genre des animaux dans les dessins animés sur le blog du c@fé des sciences, où l’auteur montre que le héros est toujours un homme, même quand il s’agit normalement d’un animal femelle (via Mme Déjantée).

Un article intitulé Que lisent (vraiment) vos enfants ? qui indiquent que les enfants aiment les livres qui se moquent du monde qui les entoure, qui les pousse à s’interroger, qui remet en cause les archétypes. Même s’il n’aborde pas à proprement parler les stéréotypes filles/garçons, il me semble que beaucoup d’albums qui luttent contre les stéréotypes peuvent rentrer dans cette description.

Retrouvez  les liens au fil de la semaine sur la page facebook du blog et sur twitter ! Bonne lecture.

Education à l’égalité filles-garçons à l’école : fin des ABCD de l’égalité, et après ?

Depuis 3 semaines, je donne dans les liens de la semaine des nouvelles des ABCD de l’égalité. Mais avec les annonces de Benoît Hamon lundi et le rapport d’évaluation des ABCD de l’égalité, les articles et les réactions se sont multipliées, et je me suis dit que j’allais réunir les liens vers les articles en question et les commenter ici.

 

D’abord, pourquoi est-ce que je parle des ABCD de l’égalité sur ce blog consacré à la littérature jeunesse ? Parce que leur site est plein de ressources intéressantes concernant l’éducation non genrée et les représentations, les stéréotypes, etc, et que ces ressources sont importantes pour comprendre l’utilité d’une littérature jeunesse antisexiste et pour analyser la production éditoriale. Et puis parce que beaucoup des séquences proposées s’appuient sur des albums jeunesse, et que parmi les ressources des ABCD, on trouve de nombreuses sélections de livres antisexistes, en particulier les deux bibliographies de l’atelier des merveilles.

Parlons d’abord du rapport d’évaluation des ABCD de l’égalité. Est-ce que ça marche ? Benoît Hamon affirme lui-même que le bilan est positif (source). On peut consulter le rapport entier ici. Les formations prévues ont bien été mises en place, et il y a eu des réalisations, même si elles ont été relativement modestes en raison du temps de mise en place et des polémiques qui ont perturbé une partie des personnels engagés. Le rapport insiste sur la « violence symbolique pour les enseignant(e)s qu’ont constituée ces journées ainsi que les polémiques persistantes autour de ce que l’école est accusée de mettre en œuvre dans cette expérimentation.  » La conclusion du rapport :

En matière de préconisations, non seulement il ne peut être proposé de renoncer au projet, il s’agit même de l’amplifier, mais en en faisant évoluer les modalités. L’égalité des droits entre les filles et les garçons ne peut pas relever d’un « dispositif » que les professeur(e)s auraient la faculté de choisir ou de rejeter.

Une analyse de ce rapport sur un blog du Monde. Le figaro parle de « bilan très mitigé » en soulignant tous les points négatifs.

 

Mais le 30 juin, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem ont annoncé la suppression des ABCD de l’égalité en tant que tel, leur justification étant que cette expression était attachée à l’expérimentation. Ils ont présenté leur nouveau plan d’action : une formation à l’égalité dans la formation initiale des enseignants et pouvant être demandée en formation continue par les enseignants déjà en poste et une « mallette pédagogique (…) accessible en ligne (qui) permettra à tous les enseignants de transmettre la valeur d’égalité lors des différents temps de classe, sur la base des modules des ABCD évalués par l’inspection générale comme étant les plus pertinents ». Ce plan a été présenté dans un entretien des deux ministres publié dans le parisien.

Si personnellement je me réjouis d’une systématisation de la formation à l’égalité fille-garçon, car je suis persuadée que nous véhiculons à notre insu de nombreux stéréotypes, et qu’il est prouvé que dans les classes, les enseignants se conduisent différemment avec les filles et les garçons (ce qui met des bâtons dans les roues des enfants des deux sexes), le fait de faire de l’enseignement de l’égalité aux enfants une option, une « mallette » facultative, c’est contre-productif. Cela n’a rien à voir avec inscrire fortement une formation à l’égalité dans les programmes scolaires. Et concernant la mallette, je suis assez d’accord avec ces deux tweets :

C’est ce que dit aussi Daniel Schneidermann sur @rrêt sur image.

Voilà une présentation du nouveau projet du gouvernement en vidéo. Et un article des nouvelles news. Et un article très complet sur Madmoizelle.

Et voici le document présenté par le gouvernement :

Plan d'action égalité filles garçons

 

Les réactions face à ces annonces ont été très nombreuses.

Tous les médias soulignent le recul avec l’abandon du terme ABCD et le recul par rapport à l’ambition affichée. Le monde parle d’un « plan d’action qui cache un recul« , Slate de « gâcher une idée intéressante« … Le point réunit les réactions des éditorialistes.

Martine Storti, inspectrice de l’éducation nationale, fait de l’abandon des ABCD de l’égalité de « symbole de l’abdication idéologique de la gauche« .

On trouve également des réactions de politiques, en colère ou satisfait selon leurs convictions. Esther Benbassa, sénatrice EELV est « déçue qu’on ait reculé devant l’extrême droite« . Le PCF parle d’une « reculade piteuse« . Guaino se félicite de l’abandon des ABCD (et affirme que les sexistes c’est par nous, c’est les immigrés des quartiers). Le figaro recense les réactions (mécontentes) de fédérations de parents d’élèves et de syndicats.

Osez le féminisme, qui avait demandé la généralisation des ABCD il y a quelques temps, réagit vivement. La ligue des droits de l’homme publie également une tribune.

Chez les gens opposés à la « théorie du gender », il y a d’abord eu autocongratulation. Ainsi, cet article se réjouit que « la France renonce au lavage de cerveau » (et affirme que « Quant aux hommes, s’ils n’ont pas envie de faire plus de tâche ménagères, il n’y a aucune raison de les y contraindre. ») (cet article bien gerbant est publié sur le site d’une fondation « reconnue d’utilité publique » !).

Et Farida Belghoul ou Alain Soral se réjouissent :

belghoul

Plus de détails ici. Marie Donzel souligne ce qu’implique la fin des ABCD de l’égalité par rapport aux « anti-genre » :

L’exemple est donné : dites n’importe quoi, calomniez, agitez des spectres terrifiants puis mettez la main sur quelques intellectuel-les prêt-es à apposer un sceau de légitimité sur tout ou partie du propos, et c’est gagné. Désinformer paye, la preuve par l’abandon des ABCD de l’égalité.

Mais désormais, les « anti-genre » soulignent majoritairement que le gouvernement veut continuer à « rééduquer le peuple » (source, mais vous sentez pas obligés de lire) et Christine Boutin affirme « ils nous prennent pour des c… ». Ils vont donc vouloir que le gouvernement recule encore plus.

(et pour une analyse plus précise des mouvements anti-genres et des réponses à leur apporter, cet article par la créatrice du blog ça fait genre !).

En voulant ménager la chèvre et le choux, en renonçant a affirmer publiquement un ancrage dans une politique de gauche, le gouvernement a réussi à mécontenter tout le monde sur cette question.