bibliographie

Les liens du moment (4 avril 2016)

Litterature jeunesse

Une super sélection par Kaleidoscope Quebec de livres jeunesse pour un monde égalitaire. Cette sélection, qui a pour sous-titre « Osez un monde inclusif où chaque enfant peut être lui-même » comporte les catégories suivantes : égalité des sexes, affirmation de soi, diversité corporelle, diversité culturelle, diversité familiale, diversité fonctionnelle (aborde la notion de handicap), diversité de sexe et de genre, société. Elle rejoint ma liste de bibliographies.

Construire son identité de garçon : les représentations de la masculinité dans la littérature de jeunesse par Anne-Marie Dionne.

Des histoires de princesses (qui ont autre chose à faire que d’attendre le Prince charmant) chez Une femme et des livres (en attendant la suite de ma série sur les princesses, à laquelle je me remets dès que je trouve un peu de temps pour le faire).

Des livres pour enfants sur l’identité de genre, la transidentité : un article de Bob et Jean-Michel à propos de deux livres publiés au Rouergue et une vidéo de Princesse, la chaîne d’un autre genre.

Actualitté présente la maison d’édition Goater qui propose des livres contre les stéréotypes. 

Je vous ai déjà parlé des Culottées de Peneloppe Bagieu, j’ai particulièrement apprécié le portrait de Tove Jansson, créatrice des Moumines, d’autant plus, que, pleine de stéréotypes moi-mêmes, j’étais jusque là persuadée que c’était un homme.

Un article de la Nébuleuse sur le chouette Riposte de Jessie Magana.

Les livres jeunesse qui me font de l’oeil :

Elisabeth Brami et Estelle-Billon Spagnol publient chez Talents Hauts la déclaration des droits des mamans et la déclaration des droits des papas.

Je suis une fille de Tasmeen Ismail (éditions Milan, 2015) :

je suis une fille

 

Ca ne concerne pas spécifiquement la jeunesse, mais l’édition en général, un article de Diglee sur la grossophobie et le problème du modèle unique dans le monde de l’image.

 

Education et genre

La blogueuse féministe Olympe prépare un web documentaire pour décrypter comment les enfants apprennent à se comporter selon leur genre, de la conception jusqu’au choix d’un métier, intitulé l’école du genre. Le documentaire n’est pas encore en ligne, mais on peut déjà suivre sa page Facebook et en découvrir des extraits.

Stereotips, un blog de mamans féministes contre les stéréotypes de genre et les clichés sexistes.

Que se passe-t-il quand on demande à des enfants de dessiner quelqu’un qui serait pompier, chirurgien, ou pilote de l’armée ? Ils imaginent des hommes dans plus de 90% des cas.

Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur, les statistiques 2016 de l’éducation nationale qui « renseigne sur la réussite comparée des filles et des garçons depuis l’école jusqu’à l’entrée dans la vie active. Elle met en évidence des différences selon les sexes en matière de parcours et de réussite des jeunes, de choix d’orientation et de poursuite d’études entre filles et garçons, qui auront des incidences ultérieures sur l’insertion dans l’emploi ainsi que sur les inégalités professionnelles et salariales entre les femmes et les hommes. »

Un Mooc pour se former à l’égalité femmes/hommes (merci Carpediem)

Bonne lecture ! Vous pouvez retrouver des liens intéressants plus régulièrement sur la page facebook du blog et sur twitter. 

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Filles, garçons, l’aventure d’être soi (Sélection de l’Atelier des Merveilles)

Un petit article très bref pour vous présenter une nouvelle sélection d’albums antisexistes : Fille, garçon, l’aventure d’être soi

fille garçon aventure d'être soi

L’atelier des merveilles a déjà publié une première sélection de livres Pour l’égalité des filles et des garçons en 2009. Ils ont ensuite fait un travail de « mise à jour » en publiant Pour bousculer les stéréotypes fille garçon en 2013 avec des livres publiés entre 2009 et 2013. Fille, garçon, l’aventure d’être soi regroupe les albums publiés entre 2013 et 2015.

J’avais présenté les deux premières et le fonctionnement de l’atelier des merveilles ici. Et vous pouvez découvrir leur blog .

Je pense que de toutes les sélections antisexistes, celles-ci sont mes préférées. Parce que j’aime la manière dont les livres sont présentés et classés. Parce que ces sélections sont faites par des parents, lecteurs, et que les livres sont lus à leurs enfants. Et parce que, comme ils le disent dans le livret de la 1e sélection, et c’est très vrai dans le dernier également :

« Les livres qui nous plaisent le plus ne sont pas ceux qui sont les plus démonstratifs, souvent caricaturaux par excès inverse, mais ceux qui ont métabolisé cette nécessaire évolution des identités et des rôles au point qu’elle se fonde dans la littérature à l’oeuvre. »

Alors si vous voulez découvrir de beaux albums récents, n’hésitez pas !

« littérature de jeunesse pour l’égalité » et « éduquer contre l’homophobie » par le SNUIPP

Une nouvelle bibliographie vient de rejoindre ma liste.

Il s’agit d’une sélection d’ouvrages concernant l’égalité homme/femmes et la lutte contre l’homophobie et l’acceptation des familles homoparentales. Elle réunit des ouvrages de fiction, albums pour les petits, romans pour les plus grands et les ados et un peu de poésie, de théâtre et de BD. La plupart des titres s’accompagnent d’un résumé et d’une recommandation d’âge. On y trouve en particulier les titres des éditions de femmes d’Adela Turin et Nella Bosnia réédités chez Actes Sud, des premiers romans de Thierry Lenain, des albums de Christian Bruel…

Elle a été créée par le SNUIPP, Syndicat National Unitaire des Instituteurs et des Professeurs des écoles et des PEGC. Elle est donc destinée à des enseignants et regroupe les documents par niveau scolaire (pour les petits / CM2-6e / Second degré).

Vous pouvez découvrir la première partie ici et la seconde partie .

 

éduquer contre l'homophobie SNUIPP

Le SNUIPP a aussi publié, en mai 2013, un numéro spécial de sa revue « Fenêtre sur cours » intitulé « éduquer contre l’homophobie« .

Comment est-il possible que l’insulte « pédé » soit la plus fréquente des cours de récréation et que, la plupart du temps, les enseignants n’en parlent pas ? De là est né le projet de s’intéresser à ce que font déjà les enseignantes et les enseignants, les équipes d’école, et de proposer des outils spécifiques, comme cela se fait en Belgique, au Pays-Bas ou au Canada. Les expérimentations prennent souvent comme point de départ des ouvrages de littérature jeunesse. Elles montrent que parler de sujets difficiles n’est pas un problème pour les élèves, même très jeunes, mais peut l’être pour les adultes. Les réticences, la crainte de réactions de parents et d’un manque de soutien de la hiérarchie, la conviction de ne pas savoir faire, empêchent les enseignantes et les enseignants de consacrer un temps suffisant au débat, aux représentations diverses des uns et des autres. Car il ne s’agit pas de « prosélytisme » ni d’imposer une parole du maître qui dirait ce qui est bien (ce qui est néanmoins nécessaire dans le cadre des rappels à la loi) ; au contraire il est question d’apprendre aux élèves à interroger ce qu’ils pensent et à le confronter aux autres, à entendre que d’autres ont des idées différentes, à apprendre à penser par eux-mêmes.

Ce dossier très intéressant présente des projets menés dans des classes, le plus souvent autour d’albums jeunesse, mais aussi des ressources (livres, films d’animation) et des entretiens avec des auteurs, des associatifs, des éditeurs…

Il apporte en particulier des outils et des réflexions autour des familles homoparentales, des relations amoureuses, des réponses à apporter aux insultes homophobes, le lien avec la déconstruction des stéréotypes genrés…

On y trouve des entretiens avec :

– Dominique Richard, auteur du journal d’une grosse patate

– Béatrice Boutignon, auteure de Tango a deux papas et Une histoire de familles

– Jean-Christophe Mazurie, auteur de Philomène m’aime

– les éditrices de Talents Hauts.

J’aime particulièrement les compte-rendus d’expériences menées dans les classes, montrant l’ouverture des enfants et la richesse des échanges permis par des livres.

Deux bibliographies de l’atelier des merveilles

Dans l’onglet Analyse des représentations genrées, il y a déjà des références, et en particulier les bibliographies de l’Atelier des merveilles. J’avais envie de vous les présenter plus en détail, parce que de toutes celles que je cite, ce sont mes préférées.
Déjà, parce qu’elles ont été illustrées par mes deux illustratrices préférées (Emmanuelle Houdart pour la première, Ilya Green pour la seconde).
Ensuite, parce que je partage leur façon de penser concernant le choix des livres :

« Les livres qui nous plaisent le plus ne sont pas ceux qui sont les plus démonstratifs, souvent caricaturaux par excès inverse, mais ceux qui ont métabolisé cette nécessaire évolution des identités et des rôles au point qu’elle se fonde dans la littérature à l’oeuvre. »

Enfin, parce que je trouve particulièrement intéressante la démarche de l’élaboration de cette bibliographie. En effet, l’atelier des merveilles accueille depuis 2003 parents et enfants une fois par semaine, après l’école, à la BCD de l’école du Centre au Teil, en Ardèche, pour des goûters-lecture ouverts à tous. « Des parents bénévoles l’animent pour vivre une expérience heureuse : échanger entre parents et enfants sur tous les sujets de la vie que l’album nous offre en partage. » (intro de « Pour bousculer les stéréotypes filles garçons »). Les Délégations aux Droits des femmes et à l’égalité (Ardèche & Drôme) leur ont demandé de partager leurs lectures sur le thème de l’égalité entre filles et garçons et cela a aboutit à la publication de la bibliographie de 2009 : « Pour l’égalité entre filles et garçons » :

biblio égalité 1

Elle était disponible sur le site du crdp de Grenoble mais il ne semble plus fonctionner actuellement. On peut la télécharger en PDF ici.

Cette bibliographie regroupe 100 titres, albums et quelques documentaires. Elle a  été élaborée par des parents, avec des livres qu’ils ont lu à leurs enfants lors des goûters-lectures. Des parents qui  insistent sur leur position de lecteurs et non de prescripteurs.

c’est donc à partir de la diversité de nos expériences de vie et la richesse des histoires que la littérature nous propose, que nous avons dressé cette sélection subjective d’albums. Ils sont des supports pour réfléchir, débattre, en toute liberté, étayer nos points de vue ou les déconstruire, ensemble.

Elle a été tirée à plusieurs milliers d’exemplaires et distribuée dans toutes les écoles primaires de Drôme et d’Ardèche, et est disponible en PDF.

Fort de ce succès, une seconde bibliographie a été publiée en 2011, intitulée « Pour vivre ensemble, riches de nos différences » et présentant 100 albums luttant contre les discriminations, au sens large. Elle comporte « une rubrique est consacrée à « l’Egalité des sexes » avec 12 albums pour mieux comprendre les enjeux et lutter contre les stéréotypes » publiés (ou réédités) en 2010 et 2011.

Enfin, une troisième bibliographie intitulée « Pour bousculer les stéréotypes filles garçons » a été publiée en 2013 .

biblio égalité 2

Il s’agit d’actualiser la première bibliographie à travers 92 titres publiés entre 2009 et 2013. Après avoir déploré une édition jeunesse qui se contente majoritairement de reproduire les stéréotypes, l’atelier des merveilles présente son travail ainsi :

A défaut d’égalité, il s’agit donc de compenser, par des visions plusnuancées, critiques, originales ou décalées, des rôles des hommes et des femmes, afin d’élargir le champ des possibles. Mais aussi de continuer à penser l’émancipation sous toutes ses formes. L’invisibilité des femmes dans certaines fonctions est aussi insupportable que celle des hommes dans d’autres. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’albums qui témoignent des changements positifs, de positionnements naturellement égalitaires sans s’appesantir ?

Le blog de l’association présente régulièrement de nouveaux albums, dont des albums antisexistes qu’on peut retrouver avec les tags genre, stéréotype, condition féminine, féminisme, égalité, sexisme et relation garçon fille.

L’atelier des merveilles a été emporté ces dernières semaines dans la polémique autour de Tous à poil. Jean-François Copé a présenté l’album ainsi : « Ça vient du centre de documentation pédagogique, ça fait partie de la liste des livres recommandés aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire ». En réalité, Tous à poil figure dans la bibliographie « Pour bousculer les stéréotypes fille garçon » où il est présenté ainsi :

A poil le bébé ! A poil les voisins, le policier, la mamie, les footballeurs, la maîtresse, le docteur, le président directeur général, les dames de la cantine… Tous à poil ! Un étonnant album qui montre des personnages en train de se déshabiller, les uns après les autres, pour une baignade jouissive, une nudité heureuse, où chacun est vu dans sa nature, jeune, vieux, homme, femme, fille, garçon, en toute simplicité, avec un humour chaleureux, loin des images complexantes des médias. Rare et bienvenu !

La bibliographie a été proposée parmi les ressources possibles pour les enseignants sur le site du CRDP de Grenoble puis sur le site de l’ABCD de l’égalité (pour les détails, voir ici et ). Il a été suite à la polémique retiré du site de l’ABCD de l’égalité (voir ici). Copé s’en est pris ensuite directement à l’atelier des merveilles et à Cécile Moulain (qui a fait partie de la LCR), considérant que l’objectif est «  la défense de la lutte des classes.Car vous comprenez bien que le choix des profils qui ont été déshabillés dans Tous à poil c’est aussi pour montrer qu’on ne veut plus de la marque d’autorité, quand on déshabille une maitresse, un policier, un président directeur général ! ».

L’atelier des merveilles a répondu sur son blog ici, et .

Grâce à la littérature jeunesse, nous échangeons comme nulle part ailleurs, entre parents et enfants et entre pairs, que la parentalité et la scolarisation de nos enfants dans l’école de la république a réunis sur un territoire à habiter ensemble. Le plus souvent, ce sont les enfants qui amènent leurs parents à ce rendez-vous unique, chaleureux, gratuit, volontaire, joyeux. (…) Nous lisons ensemble et construisons à plusieurs le sens (multiple) de ce que nous lisons avec ce que chacun est à ce moment là, ce qu’il a envie, besoin d’y trouver pour mieux se comprendre, appréhender le monde, ressentir des émotions, penser la vie.

Si penser ces rendez-vous familiaux comme des espaces de socialisation intergénérationnelle, d’expression libre et de culture est politique,

si échanger sur tout ce qui fait nos vies, être traversé par ce qui traverse tout individu dans cette société et tenter de le comprendre avec l’aide de la littérature, est politique,

si faire une expérience associative, sans chef (ni présidente), mais en collectif, où papas et mamans s’investissent et promeuvent en les vivant des relations humaines égalitaires, est politique

si participer à la vie de notre cité, s’accompagner mutuellement dans notre parentalité, s’entraider, accompagner nos enfants dans leurs découvertes, permettre la rencontre d’œuvres et de créateurs pour changer la vie, est politique

alors, oui, cette politique est la nôtre.

J’ai parlé longuement, mais je vous conseille vivement d’écouter les parents de l’atelier des merveilles, en particulier dans cette émission de radio passionnante où les parents s’expriment avec beaucoup d’intelligence et dans cette vidéo :

<p><a href= »http://vimeo.com/87071193″>L’Atelier des Merveilles, Le teil, Ardèche</a> from <a href= »http://vimeo.com/user5052785″>MONTANT Mich&egrave;le</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

(Vidéo présentée ici)

Vous pouvez aussi trouver un article sur l’histoire et le fonctionnement de l’atelier des merveilles à la dernière page de ce document ou une présentation par une librairie partenaire. Et plongez dans les bibliographies, elles valent le coup !