Quand le marketing genré s’invite dans les collections de notre enfance… (vive les stéréotypes, 8)

La présentation de la bibliothèque rose et de la bibliothèque verte sur le site des éditions Hachette, ou comment transformer une segmentation par âge (la bibliothèque rose était destinée aux 6-12 ans, la bibliothèque verte aux ados) en segmentation par genre.

Image 3

Les bibliothèques roses et vertes s’adressent désormais aux mêmes tranches d’âges. La bibliothèque rose met donc en avant l’humour et l’émotion avec trois filles en illustration, plein de roses et du violet. La bibliothèque verte qui met en avant « l’action et l’aventure » avec (quelle surprise !) trois personnages de sexe masculin, avec armure et/ou en action alors que les filles posent.

 

Et quand on entre dans les détails, ça ne s’améliore pas :

Image 1 Image 2Les séries de notre enfance sont réunies dans une série particulière de la bibliothèque rose, avec des textes simplifiés (voir ici pour le club des cinq). Je crois que pour le reste, ça se passe de commentaires…

 

 

 

 

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13 commentaires

  1. Il me semble que cette analyse n’est pas du tout pertinente. le but de cette marque n’est pas de discriminer les enfants en fonction de leurs sexe, ils n’y auraient aucun intérêt. Au contraire, leur seul et unique but est de VENDRE, ils faut donc qu’ils séduisent leurs lecteurs. Pour cela, ils ne font qu’exploiter une tendance naturelle des gouts des enfants; les filles sont -de façon générale- plus portées vers ce qui les émeut, les garçons vers ce qui les intrigue. Ca ne veut pas dire que c’est une règle ou qu’il n’y a pas d’exception, c’est juste une tendance… En plus, je ne vois nulle part écrit que c’était « réservé uniquement » à un genre… Oui, la discrimination sexuelle existe et oui, c’est un problème réel en France, mais là je pense que c’est voir le diable là où il n’est pas. ça dessert le combat, et ça détourne le regard du vrai problème qui, lui, mérite d’être entendu.

    1. Alors je suis persuadée que la « tendance des goûts des enfants » n’est pas naturelle mais est culturelle. Je ne considère pas que Hachette fait activement de la discrimination sexuelle, mais je considère qu’elle véhicule les stéréotypes sur lesquels s’appuie la discrimination sexuelle ( les filles émotives qui posent, aiment le rose, rêvent de princesses et de mariages, les garçons actifs et aventuriers). Et qu’elle participe donc à l’injonction que l’ensemble de la société fait aux enfants d’aimer ce qui les émeut pour les filles alors que les garçons doivent aimer l’aventure, ce qui les intrigue. Et que cette injonction est suffisamment forte pour qu’il n’y ait pas besoin d’indiquer « réservé à », les enfants s’autocensureront ou leur entourage se chargera malheureusement la plupart du temps de leur rappeler la norme s’ils s’en écartent.
      Je vous recommande vivement le livre « Contre les jouets sexistes » qui montre bien comment les jouets et les livres pour enfants genrés contribuent à enfermer les enfants dans des stéréotypes. J’en ai fait un compte-rendu ici :
      http://lilablogue.over-blog.com/article-contre-les-jouets-sexistes-introduction-116538708.html
      http://lesvendredisintellos.com/2013/04/05/contre-les-jouets-sexistes-premiere-partie-la-construction-de-la-feminite-et-de-la-virilite/

      Enfin, j’estime que la propagation des stéréotypes genrése st directement liée aux discriminations sexuelles. Je ne considère donc pas desservir le combat ou détourner le regard d’un vrai problème. J’ai fait le choix de m’intéresser à cet aspect de la question, mais si vous militez contre d’autres formes de stéréotype sous e discrimination sexuelle, je m’en réjouis, car je pense que c’est un ensemble. Si non, vous avez atteint un point du bingo féministe.

    2. Sans aller jusqu’à dire « réservé à », on a quand même la mention « Pour celle qui », « pour ceux qui ».
      On aurait pu avoir « pour celles et ceux qui », non?
      Donc, si, c’est de la discrimination, de la classification de genre.
      Moi ça me parait suffisamment clair. On formate les gamins dès leur plus jeune age, et après on tente de lutter en ne comprenant pas d’où vient le problème.

      Et il faut aussi arrêter d’avoir comme excuse « mais c’est pour vendre ». Ne nous indignons pas parce que « c’est pour vendre »? La presse de merde « c’est pour vendre ». Les jouets sexiste « c’est pour vendre ». Elle est où la limite? Jusqu’où est ce qu’on peut aller « pour vendre »?
      « C’est pour vendre, c’est pour faire du chiffre, c’est parce que c’est ce que demande le public » ne devrait pas être une excuse..

  2. Dans les années 70 cette ségrégation par genre n’existait pas! Le club des 5 et les compagnons de la croix rousse s’adressaient… Aux enfants qui aimaient lire, sans distinction. Régression…

    1. Dès le départ, l’aventure = bib verte et les sentiments bib rose.
      Et on va pas me dire que c’était pas déjà « verte » = « mec » et « rose » = « nana ».
      Ici, on a une mise au point, au moins, on sait que.
      Dans le temps, c’était pas dit ouvertement…
      Fantomette n’était pas dans la bib verte, alors que c’est de l’action/aventure et pas du sentimental.
      Les histoires avec des héros masculins étaient toutes en bib verte.
      La SF = bib verte.
      Donc on peut reconnaître à Hachette de « genrer » plus clairement ces collections 😀 et on ne voit plus d’ambiguïté dans ce découpage, c’est net.
      Merci Hachette.

      1. Je n’avais pas cette impression. Toutes les premières lectures étaient dans la bibliothèque rose, et elles n’étaient pas genrées (je pense à Oui-oui, à Jojo Lapin…). On trouvait aussi des livres d’aventures (Davy Crockett) et d’enquête dans la bibliothèque rose, et pas seulement Fantomette (le club des 5, le clan des 7, les 3 N), et des héroïnes dans la bibliothèque verte (Alice détective).
        Après, je ne connais pas en détail l’histoire de ces collections, ce sont plutôt des souvenirs d’enfance, et avec une génération de décalage parce que j’ai lu essentiellement les livres de mes parents quand ils étaient enfants ou des livres achetés en marché aux puces.
        Sur Wikipedia, ils disent « Une autre collection des éditions Hachette, la Bibliothèque verte, verra le jour en 1923 et connaîtra un succès égal. Destinée à un lectorat de plus de douze ans, elle s’adresse dans un premier temps aux garçons, puis se recentre sur un public adolescent mixte après la Seconde Guerre mondiale. »
        Mais j’avoue ne pas pouvoir en dire beaucoup plus.

  3. Cette distinction du genre ne me gène pas. Il ne s’agit que d’une stratégie purement commerciale : le maximum est fait pour inciter à acheter le produit. Nous savons bien que le marketing n’a jamais été plus agressif qu’aujourd’hui.

    A noter que des séries à priori pour filles, ont paru dans la Bibliothèque verte : la série « Alice détective » de Caroline Quine, la série qui a connu le plus de succès et qui a rapporté le plus de sous à Hachette pendant longtemps a été éditée dans la Bibliothèque verte de 1955 à 2011. Idem pour la série « Jeunes Filles en blanc » (série sur des infirmières) était elle aussi publiée dans la Bibliothèque verte.

    Franchement, avec tous les graves problèmes que nous subissons en France et dans le monde, sans compter les catastrophes à venir, quelle perte de temps que de s’occuper de ce genre de sujet !

    Ou alors cette question du genre, qu’on érige en croisade et pour laquelle on cherche à recruter le maximum de chevaliers pour le combat, cache-t-elle de vils et obscurs desseins qui semble- t-il, seront révélés au grand jour très bientôt vu le martèlement médiatique agressif dont on assomme les citoyens ?

    1. Je sais que des séries avec des personnages féminins intéressants, actives et aventurières, ont été publiés en bibliothèque verte (Alice entre autres) comme en bibliothèque rose (Fantomette par exemple). Ce que je déplore, c’est justement que cela ait été remplacé par une collection destinée aux filles avec des histoires insipides de princesses et une collection destinée aux garçons avec des histoires crétines de combat.
      Si le marketing genré ne vous gêne pas tant mieux, ou plutôt tant pis pour vous. Mais alors avec tous les graves problèmes que nous subissons en France et dans le monde, sans compter les catastrophes à venir, quelle perte de temps de commenter un article sur ce genre de sujet !
      Quant à moi, je vais continuer la croisade de la question du genre qui a pour vil et obscur dessein de laisser les enfants faire leurs choix librement sans être limités dans ceux-ci par des stéréotypes stupides ni par le marketing qui ne fait que les renforcer.

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